mercredi 12 décembre 2018

Montpellier : pistonné par LREM, un ancien «bénévole» auprès de Macron s'empare d'un juteux contrat


Gérée par un «bénévole» de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron et employant un de ses anciens gardes du corps, la société APS Sud a décroché un fructueux contrat avec l'université Paul-Valéry de Montpellier, en contournant certaines règles.

Pas d'appel d'offres ni de mise en concurrence, un devis transmis par une responsable LREM, un professionnalisme fortement remis en question : un partenariat conclu entre la société de sécurité d'un ancien collaborateur d'Emmanuel Macron et l'université Paul-Valéry de Montpellier pose question...

Comme le révélait Médiapart le 11 décembre sur son site, plusieurs membres du parti présidentiel se sont personnellement impliqués pour qu'au printemps 2018 la société de sécurité de Moustapha Bouzbiba, un ancien «bénévole» de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron, décroche un fructueux contrat avec l'université Paul-Valéry de Montpellier. Moustapha Bouzbiba, qui explique être apolitique, a été chargé d'accueil bénévole sur plusieurs événements liés à la campagne du candidat En Marche! avant l'élection présidentielle française de 2017.

Selon les calculs de Médiapart, l'entreprise de Moustapha Bouzbiba, APS Sud, a ainsi obtenu un contrat de plus de 260 000 euros pour des activités de sécurité auprès de l'établissement universitaire de Montpellier.

Ni appel d'offres ni de mise en concurrence

Le premier devis de la société de sécurité aurait été transmis à l'université Paul-Valéry par l'intermédiaire de Charlyne Péculier, représentante locale de LREM, référente pour la région Occitanie des Jeunes avec Macron et collaboratrice de la députée Coralie Dubost (récemment épinglée pour avoir relayé une fausse information complotiste sur les Gilets jaunes).

En outre, les prestations d’APS Sud semblent avoir été commandées sans appel d'offres ni mise en concurrence, allant même jusqu'à transgresser le contrat de l'entreprise espagnole Proségur, jusqu'alors prestataire habituel pour l'université. Le certificat administratif validant les prestations précisait en effet que «Proségur n’a[vait] pas pu fournir de services complémentaires en avril 2018.» Pourtant, contacté par Médiapart, un dirigeant de la multinationale espagnole soutient ne pas avoir été sollicité pour des prestations complémentaires au printemps 2018...

Le «Chef de site» : un ancien garde du corps de Macron aux méthodes controversées

Comme l'explique Médiapart, «sur le terrain, Kader Rahmouni est le "chef de
site" d’APS Sud. C’est lui qui coordonne, en lien avec la présidence de l’université, les équipes de sécurité, dont un maître-chien.»

Ancien garde du corps d'Emmanuel Macron, puis collaborateur de la députée LREM Coralie Dubost, Kader Rahmouni a notamment effectué des missions en compagnie d'Alexandre Benalla pendant la campagne présidentielle du candidat En Marche! : «En étant présent sur les meetings de Macron, Kader a pu taper dans l’œil des gens d’En Marche! dans l’Hérault» précise par exemple Moustapha Bouzbiba.

A l'université de Montpellier, les méthodes de l'homme ne tardent pas à en inquiéter certains. «Au bout d’une première journée de présence de l’équipe de Kader Rahmouni, un responsable de la sécurité de la fac alerte directement le président de l'université au sujet de la société» explique Médiapart. Le responsable dénonce notamment «un manque de professionnalisme» et «une attitude pouvant être assimilée par des grévistes à de la provocation». Inquiétudes partagées par d'autres : un étudiant, une enseignante ou encore une syndicaliste s'indignent en avril 2018 : «Ils sont avec des chiens et déjà plusieurs altercations ont eu lieu avec des étudiants et des personnels»

Source : https://francais.rt.com

1 commentaire:

  1. Bonjour,

    Cela doit être une des pratiques les plus courantes que l'on puisse penser exister dans le monde entier, ce n'est cependant pas pour cela qu'il faille l'accepter, surtout lorsque ce type de pratique est instituée au sein même du pouvoir d'un gouvernement au détriment de concurrents qui pourraient faire une meilleure offre autant financière que qualitative.

    Ce qu'il faut, c'est que toutes offres passent par un appel d'offre au moins dans un journal officiel régional, voir national et qu'entre l'offre et la fermeture de l'appel d'offre, qu'il y aie un délai suffisant et surtout que le choix dépende d'un office indépendant.

    C'est cela la bonne gouvernance, et cela ne semble pas le cas du Gouvernement d'Emmanuel Macron.

    Bien à vous.

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