mardi 3 avril 2018

Maria Zakharova révèle les manipulations britanniques dans l’affaire Skripal …


Maria Zakharova révèle les manipulations britanniques dans l'affaire Skripal
Entretien avec Maria Zakharova sur la chaîne Rossiya 24, 17 mars 2018.
Maria Zakharova est Directrice du Département de l'information et de la presse du Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie.

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr (depuis la version anglaise d'Eugenia Gurevich) 




 Transcription : 

Maria Zakharova : C'est dans un jeu vraiment très effrayant et très dangereux que l'Occident s'est engagé. Il ne s'agit pas seulement de l'action britannique; de toute évidence, les ressources de nombreux acteurs sont impliquées. Permettez-moi de vous expliquer pourquoi je dis cela. 

Chacun d'entre nous et le monde entier a appris un nouveau mot russe, « Novichok ». La chose la plus intéressante est que ce mot est perçu comme un mot russe partout dans le monde. Il suffit d'écouter sa consonance pour un étranger: « Novichok ». Cela doit être lié à la Russie, se dira-t-on. Mais en ce qui nous concerne, nous les russophones natifs, il ressemble au toast des Occidentaux quand nous trinquons avec eux : « A votre santé! » Ca semble russe, mais nous savons que nous n'utilisons jamais ces mots quand nous trinquons, nous disons toujours autre chose. Mais en Occident, il y a un cliché selon lequel les Russes disent « A votre santé » pour porter un toast, avec une certaine insistance, même.

Le même concept est à l’œuvre. Laissez-moi m'expliquer. Jamais sur le territoire de l'URSS, à l'époque soviétique ou à l'époque de la Fédération de Russie sur son territoire, il n'y a eu d'études menées sous le nom de code « Novichok ». Ce nom n'a été ni breveté, ni utilisé comme un symbole ou un code. Une fois de plus, et c'est là l'élément clé, le mot « Novichok » n'a jamais été utilisé en URSS ou en Russie comme quelque chose de lié à la recherche sur les armes chimiques. Ce mot a été introduit et utilisé pour désigner des substances toxiques en Occident. 

Au début du milieu des années 1990, beaucoup de scientifiques soviétiques et, plus tard, des scientifiques ayant la citoyenneté russe, qui avaient travaillé dans ce domaine, sont partis pour les pays occidentaux. Ils ne sont pas seulement partis : ils étaient attendus en Occident. Entre autres choses, ils ont emporté avec eux les technologies sur lesquelles ils travaillaient. Après cela, dans les pays occidentaux, selon diverses sources, y compris celles qui sont publiques, ces recherches ont été poursuivies en Occident avec la participation des anciens scientifiques soviétiques : aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Slovaquie, en Suède, et dans quelques autres pays. Je le répète, cette information est publique et disponible sur Internet. 

Journaliste : Je l'ai lue, c'est une information publique. Cette information est totalement ouverte. On peut l'étudier si on veut.

Maria Zakharova : Ce sont des informations complètement ouvertes et accessibles. Juste à ce moment-là, ce nom surprenant apparaît : « Novichok ». Il sonne faux pour nous, mais il convient aux poncifs occidentaux sur la Russie.

Un point très intéressant : le Premier ministre britannique [Theresa May] s'est adressé au Parlement, et non pas à un rassemblement d'étudiants, à une ONG ou même à des journalistes. Elle a parlé aux gens qui prennent des décisions qui affectent le sort du pays. Ce sont des gens qui [a priori] voudraient connaître les faits. Mais le Premier ministre britannique n'a pas mentionné la formule chimique. Au lieu de cela, le Premier ministre britannique a utilisé ce nom cliché immédiatement associé à la Fédération de Russie, ou avec quelque chose de russe. Tout est conçu pour attirer l'attention sur la Russie. C'est très théâtral. Elle a obtenu une ovation. Oui, elle a obtenu des applaudissements. Immédiatement, ce nom a circulé dans tous les médias. Mais ce n'est pas la seule falsification de cette ampleur.

Ouvrez les journaux britanniques. Ou écoutez les journalistes britanniques. Qui est Skripal ? Comment est-il appelé dans les médias britanniques ? On le désigne comme un « espion russe ». Depuis quand est-il un espion russe ? Il est exactement le contraire. Oui, il est le contraire. C'est un espion britannique. Nous n'avons pas eu d'accès consulaire règlementaire aux Skripals, qui, comme on nous dit, sont dans un état critique, mais nous avons pas d'informations sur leur état, leur localisation, ni sur ce qui leur arrive. Eh bien, un point important est que Skripal a travaillé pour les services de renseignement britanniques. Il n'a jamais été un espion russe. Il était un espion britannique. Il a été transféré au Royaume-Uni parce qu'il a travaillé pour le gouvernement britannique. 

Un autre point important : cet individu, quand il a été capturé, a été jugé selon la loi russe. Le tribunal a décidé d'une peine d'emprisonnement. Il purgeait sa peine en prison. Lorsque le moment est venu de le renvoyer au Royaume-Uni, le pays pour lequel il a travaillé comme espion, il était vivant et en bonne santé. Il a été livré à la Grande-Bretagne en parfaite santé. Personne ne sait dans quel état il est maintenant, ni où il est, à l'exception de ceux au Royaume-Uni qui ont rendu cette information top secret. Le côté britannique l'a reçu de la Russie en bonne santé. 

Cette histoire impliquera des mystifications supplémentaires, mais je crois que la vérité sera révélée au grand jour, une étape à la fois.

Journaliste : Londres ne nous a donné aucune information ?

Maria Zakharova : Pas du tout. Ceci est le point suivant : un mystère total créé par la Grande-Bretagne autour de cette affaire.

Journaliste : Si je comprends bien, ils ont partagé les données avec les États-Unis et certains pays européens ?

Maria Zakharova : Personne ne le sait. Selon les traités internationaux, en particulier la Convention sur les armes chimiques, dont la Russie et le Royaume-Uni sont membres, le Royaume-Uni avait l'obligation de partager toutes les données avec la Russie. De plus, cela est l'obligation de tout pays signataire de la présente Convention, même s'il n'y a aucun soupçon que l'un des pays signataires est impliqué dans des actions interdites. C'est une obligation pour tous les signataires si le composé utilisé est soupçonné de provenir d'une source particulière dans n'importe lequel des pays signataires. C'est valable pour le transport, l'origine, le stockage, quoi que ce soit. À savoir, le pays possédant toute information à ce sujet a l'obligation de la partager. Entre autres choses, cela est une question de sécurité. S'il y a des traces d'une substance interdite, nous avons besoin d'être informés.

Comme vous le savez, la Russie a fini de détruire en 2018 tous ses stocks d'armes chimiques. Que pourrait donc être le problème avec la Russie ? La décision de détruire toutes les armes chimiques a été prise en 1992, si je ne me trompe pas. Notre sécurité est également en jeu. 

Donc la Fédération de Russie a immédiatement demandé au Royaume-Uni de partager ses informations. Nous n'avons reçu absolument aucune information. Dans le cadre général des violations internationale, c'est un point intéressant.

Nous posons une question après avoir entendu que la Grande-Bretagne coopère étroitement avec l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). Les Britanniques clament qu'ils ne traiteront pas avec Moscou, mais seulement avec l'OIAC. Il existe de nombreux mécanismes qui peuvent être utilisés, mais tous présupposent la participation de la partie concernée (la Russie). Cela ne signifie pas nécessairement que le pays est soupçonné d'avoir fait quelque chose d'illégal, mais implique tout lien de la substance utilisée avec le territoire de ce pays. Pas une seule fois, par l'intermédiaire d'un quelconque canal, diplomatique ou via l'OIAC, la Russie n'a reçu d'information de Londres. Tout cela est de la rhétorique publique, une partie d'une pièce de théâtre ou d'un grand spectacle, d'un show effrayant déstabilisant l'ordre international.

Il est très important de garder à l'esprit que nous parlons d'une puissance nucléaire. Le Royaume-Uni a des armes nucléaires. Ainsi, lorsque le Premier ministre britannique, Theresa May, fait des déclarations selon lesquelles son pays a été victime d'une agression, ce devrait être une déclaration responsable d'un chef d'une puissance nucléaire. 


Après cela, il y a le silence et la pause, quand aucune information n'est présentée, y compris la formule chimique de la substance qu'ils auraient prétendument trouvée. Pourquoi est-ce que je dis « prétendument »? Parce que personne, sauf les services spéciaux britanniques, n'y a eu accès.

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