jeudi 1 mars 2018

Le Parlement européen veut lutter contre le faux miel importé en Europe


Les eurodéputés débattent mercredi 28 février à Bruxelles des moyens à mettre en oeuvre pour en finir avec le miel frelaté. Ils demandent notamment plus de contrôle sur les produits importés de Chine et une labellisation plus facile d’accès pour les consommateurs. Le secteur apicole représente un marché de 14,2 milliards d’euros dans l’Union européenne.




Le Parlement européen vote jeudi sur un rapport d’initiative appelant à protéger les abeilles et stopper les importations de faux miel sur le continent. La plupart des groupes politiques soutiennent le texte, le sujet étant régulièrement porté au débat dans cette enceinte.

Les eurodéputés souhaitent l’augmentation des contrôles en qualité et quantité sur le miel importé, avec des pénalités plus lourdes pour les fraudeurs. Ils demandent également un label plus précis pour assurer une meilleure information des consommateurs.

Indispensables à la pollinisation des cultures

Les abeilles sont considérées comme très importantes car elles aident à la pollinisation des cultures agricoles. Dans le rapport porté par le Hongrois Norbert Erdos (conservateur du PPE, Fidesz), on estime que 84 % des espèces végétales et 76 % de la production alimentaire en Europe dépendent de cette pollinisation.

« Nous appelons la Commission européenne et les États membres à soutenir sans tarder des politiques ambitieuses avec un budget solide », déclare l’eurodéputé Michel Dantin (Les Républicains - PPE), président de la Semaine européenne des abeilles et des pollinisateurs

Les abeilles en danger

Les apiculteurs tirent régulièrement la sonnette d’alarme car le nombre d’abeilles et de colonies ne cesse de diminuer. En cause : l’agriculture intensive, l’utilisation de pesticides « tueurs d’abeilles », l’apparition de prédateur comme le frelon asiatique et la destruction de leur habitat naturel.

« L’environnement n’est guère favorable avec la pollution atmosphérique, celle des rivières, les conséquences des traitements agricoles et la disparition de notre bocage », explique Alain Lesclavec, président de la Manche Apicole. « Tout cela a conduit à un appauvrissement des sources de nectar. On en est arrivé à cette situation paradoxale où la biodiversité est aujourd’hui meilleure en ville », déplore-t-il.

Le marché du miel suscite la convoitise

Autre phénomène inquiétant : les vols de ruches, comme chez Joël Pelluau, apiculteur professionnel depuis 26 ans au Cap Fréhel. Il s’était fait voler 19 de ses 20 ruches durant l’été 2017. Le préjudice financier s’élevait à plusieurs milliers d’euros : 5 000 € pour le matériel et plusieurs milliers pour le miel. Il expliquait alors que ce type de vol était en train de se multiplier : « Avant, le phénomène concernait surtout le sud de la France. Mais on le voit se développer dans le Grand Ouest. »
Le secteur de l’apiculture possède un poids économique non négligeable : le marché dans l’UE représente 14,2 milliards d’euros. Avec seulement 600 000 apiculteurs et 17 millions de ruches, ce sont 268 millions de tonnes de miel qui ont été produites en 2015. L’Europe est ainsi le second producteur mondial, derrière la Chine. Cependant, pour répondre à la consommation des Européens, les importations venues de Chine sont importantes.

Contrefaçons courantes, étiquetage problématique

Malheureusement, le miel produit est souvent contrefait. Lorsque des contrôles sont effectués, on s’aperçoit que 20 % des échantillons prélevés sur les produits importés sont du « faux miel », communément appelé « miel frelaté ». Il s’agit principalement de mélanges de miel européen avec des produits frelatés ou contenant du sirop de sucre.

Autre problème : des erreurs volontaires sur l’origine géographique ou le caractère bio du miel. Les consommateurs doivent ainsi faire très attention. Même dans les magasins de grandes chaînes bios, cela manque parfois d’éthique sur l’étiquette. La mention « produit de France », conditionné dans l’Hexagone, n’est souvent pas clairement identifiée à côté du miel réellement « produit en France ».

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