lundi 12 mars 2018

Ambassadeur russe à l'ONU : les terroristes d'al-Nosra ont fait usage d'armes chimiques à la Ghouta


L'ambassadeur russe Vassili Nebenzia a annoncé au Conseil de Sécurité des Nations unies que des combattants du Front al-Nosra avaient utilisé des armes chimiques au chlore dans la Ghouta orientale.

La Russie a formellement accusé des combattants du Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra, allié de Daesh) opposés à Damas d'avoir fait usage de gaz chimiques dans l'enclave de la Ghouta.


    Foyer de terroristes

«Selon les informations dont nous disposons, des militants d'al-Nosra ont utilisé une substance chlorée dans la Ghouta orientale, blessant 30 civils», a affirmé ce 12 mars l'ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vassili Nebenzia.

«La banlieue de Damas ne peut rester un foyer de terroristes [et] servir pour des attaques continuelles de la part de terroristes dans le but de compromettre la cessation des hostilités», a-t-il martelé. Le représentant russe a en outre rappelé que l'opération de reconquête militaire de l'armée régulière syrienne ne violait en aucune manière les résolutions des Nations unies. Et en particulier la résolution 2401, votée le 24 février, sur l'instauration d'un cessez-le-feu humanitaire qui permet toutefois de continuer le combat contre les groupes terroristes.

Selon Vassili Nebenzia, les groupes armés continuent d'attaquer hôpitaux et structures civiles. «Depuis le vote de la résolution [2401], plus d'une centaine de personnes [civiles] sont mortes», a-t-il précisé

Ce même jour, un laboratoire clandestin de fabrication d'armes chimiques a été retrouvé dans une zone de la Ghouta libérée des groupes djihadistes par l'armée syrienne. Damas soupçonne les rebelles de vouloir mener des attaques chimiques pour l'en accuser.

Boucliers humains

Alors que l'armée syrienne a reconquis près de la moitié de la région de la Ghouta, mi-urbaine, mi-agricole, plusieurs indices montres que les combattants des groupes islamistes tentent de retenir les civils afin de s'en servir comme boucliers humains.

Le 23 février dernier, les groupes rebelles eux-mêmes avaient rejeté un plan d'évacuation des civils de la Ghouta, au motif qu'un déplacement de population constituait à leur yeux rien de moins qu'un «crime de guerre». Selon Vladimir Zolotoukhine, porte-parole du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, la population, piégée dans l'enclave de la Ghouta tente de s'unir afin de contrecarrer le blocus que leur imposent les groupes djihadistes. «Il existe des preuves que certains civils s'unissent en petits groupes et s'arment dans le but de briser le blocus des combattants afin de rejoindre les territoires contrôlés par le gouvernement», a-t-il déclaré le 2 mars aux journalistes. RT dispose du témoignage de deux enfants qui rapportent qu'ils ont essuyé des tirs rebelles alors qu'il fuyaient de la Ghouta.

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