lundi 22 janvier 2018

Les mauvais comptes de l'armée américaine


Pour la première fois, le Département de la défense va être soumis à un audit externe. Les premières surprises commencent à surgir

Mais où diable sont-ils passés? Le Pentagone le sait: ces 39 UH-60 Black Hawk, des hélicoptères d’assaut qu’utilise l’armée américaine, doivent être quelque part, exécutant des missions à l’autre bout du monde ou sagement entreposés dans des entrepôts.

Mais voilà, ces appareils, dont la valeur dépasse les 830 millions de dollars, n’ont pas été enregistrés dans les comptes du Département de la défense. «Ils ont bien été délivrés par le vendeur, mais ils n’ont pas été déclarés dans le système approprié», expliquait cette semaine aux parlementaires américains David Norquist, un ancien consultant qui est chargé depuis cet été de mener à bien le premier audit jamais entrepris par l’armée américaine.
La pointe de l'iceberg

Pourtant, ces 39 hélicoptères disparus ne sont sans doute que la pointe de l’iceberg, comme semblait le reconnaître David Norquist en répondant aux questions de la Commission des forces armées de la Chambre des représentants. Le Département de la défense américain (DoD), c’est un monstre, considéré comme le plus gros employeur de la planète avec un budget annuel de plus de 600 milliards de dollars et plus de 3,2 millions d’employés.

Mercredi, Norquist dévoilait aussi que le Pentagone – dont le siège en Virginie est lui-même le bâtiment administratif le plus grand du monde avec 25 000 employés et plus de 28 kilomètres de couloirs – n’a pas gardé trace de 478 bâtiments qu’il possède ainsi que de 12 installations militaires. Une paille, il est vrai, puisque le patrimoine du DoD, qui comprend notamment les infrastructures et les systèmes d’armement, est estimé à plus de 2400 milliards de dollars.

Multiples dérobades

En réalité, voilà quelque trente ans que les militaires sont assaillis de demandes, alternativement de la Maison-Blanche et du Congrès, afin de rendre leurs comptes plus transparents. Jusqu’ici, au moyen de toutes sortes de dérobades, les responsables du département avaient réussi à éloigner la menace. Mais le filet ne cessait de se resserrer: toutes forces confondues, la classe politique avait exigé du DoD qu’il se montre prêt, avant septembre dernier, à ouvrir ses portes à des contrôleurs externes. En mai, prenant la balle au bond, et sans doute ravi de s’en attribuer le mérite, le président Donald Trump nommait David Norquist pour aller fouiner dans les entrailles de ces interminables couloirs.

Les moyens sont à la mesure de la tâche. C’est une autre armée, de 1200 inspecteurs, qui a commencé à se charger de vérifier ces comptes. A elle seule, l’entreprise devrait coûter près de 1 milliard de dollars, si l’on prend en compte les quelque 550 millions de dollars nécessaires en vue de résoudre les problèmes qui ne manqueront pas de surgir. Les trouvailles révélées cette semaine n’étaient qu’une mise en bouche: les résultats de l’audit ne devraient pas être connus avant la fin de l’année. Et encore: «Il a fallu dix ans au Département de la sécurité intérieure (Homeland Security) pour devenir compatible avec le système de l’audit. Or cette agence est beaucoup plus petite et récente que le DoD», soulignait David Norquist.
Emplacement inconnu pour 44 000 soldats

S’ils avaient réussi jusqu’ici à éviter tout contrôle externe, les militaires n’en avaient pas moins tenté de prendre les devants. L’année dernière, le journal militaire Stars and Stripes dévoilait ainsi que le Pentagone, selon son propre aveu, avait perdu la trace non d’hélicoptères mais de… 44 000 hommes déployés sur le terrain. A l’époque, l’armée américaine admettait qu’elle avait du personnel militaire déployé pratiquement dans chaque pays du monde. Mais son système ne lui permettait pas de suivre la trace de chacun d’eux. Il avait fallu créer une catégorie pour répertorier l’emplacement de ces milliers de soldats manquants: «Inconnu.»

De la même manière, pour répondre aux pressions politiques et pour mieux affecter ses ressources, le Pentagone avait entrepris une étude interne l’année précédente. Résultat, dévoilé par la presse américaine: le rapport avait mis en lumière l’existence de 125 milliards de dollars de frais inutiles. Ni la lutte contre le terrorisme, ni les menaces en mer de Chine n’étaient en cause, pas davantage que le recours à une technologie chère. Le rapport soulignait le recours de plus en plus large à des «contracteurs» externes, qui a fini de coller au Département de la défense et à l’armée une myriade d’acteurs privés. Ainsi, le nombre de militaires n’a jamais été aussi bas depuis les années 1940. Mais ces «contracteurs» privés dépassent largement le million d’individus.
Débat sur le «shutdown»

Ces dysfonctionnements en cascade sont aujourd’hui une cible de choix pour une partie des républicains du Congrès, partis en guerre contre les impôts et tout ce qui ressemble à un Etat dépensier. Mais étonnamment, après avoir nommé David Norquist, Donald Trump a donné son accord à un budget de la défense qui avoisinerait pour l’année prochaine les 700 milliards de dollars, soit très largement au-delà du seuil de 643 milliards qu’avait fixé le Congrès il y a sept ans. «Notre armée a atteint le point de rupture», s’est exclamé le chef de file des républicains Paul Ryan en référence au débat sur le «shutdown» qui menaçait vendredi de provoquer la paralysie de l’administration fédérale faute d’un accord sur le budget.

Source : https://www.letemps.ch

3 commentaires:

  1. mehdi mountather29.1.18

    Aux terroristes de Daech et Boko Haram de poser leurs armes. Aux présidents et aux rois de ce monde de mettre fin a ces guerres en Irak en Syrie en Yémen en Libye en Afghanistan en Mali et a israél avant l’éclipse lunaire de 31.1.2018 pour éviter la vengeance d’ ALLAH par un tsunami astéroïde séisme plus 7 ouragan dans les pays musulmans et non musulmans les éclipses solaire et lunaire la vengeance d’ ALLAH par un cataclysme la preuve les ouragans Harvey Irma et un fort séisme en Mexique après l’éclipse solaire.

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  2. Vous êtes sérieux lol

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  3. mehdi mountather8.2.18

    Donald Trump Vladimir Poutine et les généraux de l’Otan de mettre fin a ces guerres en Syrie en Irak En Yémen en Afghanistan en Libye en Mali le 8.2.2018 pour éviter l’extermination la ville des architectes de ces guerres et les fondateurs de Daech Boko Haram les illuminatis les francs maçons et leurs djinns Astana en Kazakhstan par ces punitions d’ ALLAH un violent séisme astéroïde ouragan glacial comme Aâd aux êtres humains et aux djinns de se convertir a l’islam immédiatement pour éviter l’enfer.

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