jeudi 18 août 2016

Nouvelles tensions entre l'Allemagne et la Turquie


La fuite d'un document confidentiel allemand évoquant les liens entre le pouvoir turc et des groupes islamistes a entraîné de nouvelles tensions entre Berlin et Ankara, la Turquie réclamant des explications mercredi tandis que les autorités allemandes ont admis une erreur.
La chaîne de télévision publique allemande ARD avait diffusé mardi des extraits d'une réponse classée "confidentielle" à une question de parlementaires. Dans celle-ci, le ministère allemand de l'Intérieur qualifiait la Turquie de "plateforme pour des groupes islamistes au Proche et Moyen-Orient" en raison de son soutien "aux frères musulmans en Egypte, au Hamas et à des groupes armés islamistes en Syrie" dont les noms n'ont pas été cités.
Ankara demande des explications
Le ministère turc des Affaires étrangères a dans un communiqué réclamé mercredi "des explications aux autorités allemandes" et dénoncé une politique de "deux poids deux mesures provenant de certains cercles politiques" en Allemagne.

Excuses confuses
Le porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur, Johannes Dimroth, a au cours d'une conférence de presse régulière mercredi pris ses distances avec le document, soulignant que son ministère n'avait "pas d'expertise" sur le sujet et que la réponse avait été rédigée "par erreur" sans la participation du ministère des Affaires étrangères. "Nous sommes fermement convaincus que la Turquie (...) est le partenaire le plus important en ce qui concerne la lutte contre le soi-disant Etat islamique", a-t-il souligné. La porte-parole de la diplomatie allemande, Sawsan Chebli, a quant à elle souligné que son ministère "n'était pas en accord" avec le contenu cité par ARD.

Erdogan
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a, encore en juin, reçu Khaled Mechaal, le chef du Hamas, une organisation "terroriste" selon l'UE et les Etats-Unis. Il a aussi affiché de manière répétée son soutien à la confrérie des Frères musulmans de l'ex-président égyptien Mohamed Morsi, destitué par l'armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Sissi en 2013.

Relations ambigües avec l'EI
La Turquie a par ailleurs été accusée par le passé d'entretenir des relations ambigües avec le groupe Etat islamique et de s'être montrée trop solidaire avec des mouvements djihadistes dans le but de renverser le régime syrien de Bachar al-Assad et de contrer les ambitions des Kurdes.

Tensions régulières
Les relations germano-turques n'ont cessé de se tendre ces dernières semaines en raison de l'adoption par le Parlement allemand d'une résolution reconnaissant le génocide arménien et de menaces turques de suspendre un accord crucial limitant l'afflux de migrants en Europe.

Rififi diplomatique
Dernière dispute en date, la Turquie a convoqué début août le chargé d'affaires allemand au lendemain d'une manifestation de Turcs à Cologne pour laquelle le président Erdogan s'était vu interdire de s'exprimer par vidéo.

Source : http://www.7sur7.be/

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