lundi 6 juin 2016

A 18 ans, il déclare la guerre à la prostitution infantile... et la gagne


Si environ 1.400 trafiquants sexuels se sont retrouvés derrière les barreaux, c'est grâce à Ajeet Singh, à peine majeur, qui a lancé une véritable guerre pour libérer de jeunes mineures des griffes des proxénètes à Varanasi, dans le nord de l'Inde.

Ce garçon n'avait que 18 ans lorsqu'il a assisté en 1988 à une cérémonie de noces dans sa ville natale, non loin de Varanasi. C'est là qu'il a vu une petite danseuse qui se déhanchait sous les regards lascifs des invités mâles. Sa décision était prise: il allait combattre de front le système d'exploitation sexuelle en Inde.

Depuis lors, Ajeet Singh a tout mis en œuvre pour réaliser son projet. Le même jour, il a proposé sans détour à la danseuse de prendre soin de ses enfants et de leur donner l'opportunité de vivre une meilleure vie, en obtenant une bonne éducation, confie-t-il à The Better India.
La mission n'était pas simple pour un garçon de 18 ans, mais l'âge n'a jamais fait obstacle aux projets d'Ajeet. Fonçant tête baissée, il a adopté les trois enfants de la danseuse en question. Sa décision a été réprouvée au sein de la société, mais il dit avoir fait son devoir.
Ajeet a commencé à enseigner lui-même auprès des enfants des prostituées du "quartier rouge" de Varanasi, et a vite découvert que le problème était plus grave qu'il ne le croyait.
"Le problème concerne l'esclavage, et ce que nous devons faire, c'est abolir le système du trafic sexuel. C'est seulement ainsi que les filles pourront être libérées et vivre des meilleures vies", explique Ajeet.

Ainsi, il a fondé en 1993 une organisation baptisée Guria pour combattre l'exploitation sexuelle des jeunes filles, surtout des mineures. Ses collègues et lui ont installé des caméras cachées dans le quartier rouge pour localiser et pour sauver les filles. Ils ont réussi notamment à libérer 15 filles par jour, et pour le moment leur nombre s'élève à plus de 1.000.

Mais Ajeet ne s'arrête pas. Il continue à organiser des campagnes spéciales et à sensibiliser la société au sujet de la prostitution forcée.

Une fois les filles sauvées, elles sont envoyées dans des centres d'accueil, reçoivent un soutien psychologique, pour ensuite retrouver une vie paisible chez leurs familles. L'organisation Guria assure de plus qu'elles ne reprennent jamais la vie d'antan, et leur propose de divers cours pour qu'elles maîtrisent une autre profession. En outre, Ajeet porte plainte contre les trafiquants pour qu'ils soient punis comme ils le méritent et ne soient pas libérés sous caution.

Ajeet a donné à ces filles ce dont elles avaient le plus besoin, la liberté.


"Aujourd'hui, je peux dire que Varanasi est presque entièrement libérée de la prostitution infantile", se réjouit Ajeet.

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