vendredi 8 avril 2016

Portugal : les discussions publiques sur le revenu de base se multiplient


Le 7 février, Francisco Louçã, depuis longtemps une figure publique de gauche de la politique portugaise , a écrit un article intitulé « Comment tirer le parti politique du PS vers quelque chose de civique [De como puxar o PS para qualquer coisa de cívico] ».

Ce long article traite de nombreux aspects politiques et analyses, mais lance une vive critique sur le fait que le parti politique LIVRE a inséré une référence au revenu de base dans son projet de programme politique pour les prochaines élections. Les arguments sont que LIVRE n’a pas détaillé de moyen pour financer le revenu de base, et que ce revenu inconditionnel ne devrait pas être versé aux gens riches, car ils n’en ont clairement pas besoin.

Ce premier article a été largement commenté sur le site où il a été publié, le journal/blog Público « Tudo Menos Economia [Tout sauf l’économie] », où Francisco Louçã écrit régulièrement. Les commentaires proviennent de partisans du revenu de base (comme Roberto Merrill, António Dores et Dario Ferreira du groupe activiste pour le Revenu de Base au Portugal) et de bien d’autres, en argumentant sur le plan moral et en fournissant quelques chiffres qui pourraient couvrir les dépenses du revenu de base au regard de la réalité sociale portugaise, et rejetant l’idée qu’il ne pourrait pas être financé.

La critique originale de Francisco Louçã et cette première série de discussions autour du revenu de base ont encouragé André Barata, un militant de LIVRE, à rédiger une réponse aux arguments de Louçã. En tant qu’ancien défenseur du revenu de base et ancien activiste politique, il a présenté le revenu de base comme un droit humain, au même titre que l’Éducation et la Santé, le justifiant ainsi comme une garantie pour tous les citoyens, indépendamment de leur revenu actuel.

En ce qui concerne les calculs nécessaires à son financement, il a soutenu qu’une nouvelle idée doit d’abord être acceptée pour elle-même, que ses défenseurs doivent ensuite penser aux façons d’inspirer les politiques publiques et que ce n’est qu’à la fin que les calculs de financement doivent être effectués.

Inspiré par le flot des commentaires sur son premier article et la réponse d’André Barata, Francisco Louçã a publié un deuxième article intitulé « Revenu de base : comment, combien et pour qui [Rendimento Básico Incondicional : como, quanto e para quem] », où il se plaint d’avoir été condamné par les défenseurs du revenu de base, mais réaffirme son opinion que la faisabilité financière doit être vérifiée dès maintenant, afin que le revenu de base puisse, de son point de vue, gagner une crédibilité concrète pour agir et ne dégénère pas en une illusion utopique. Il réaffirme aussi qu’il est fondamentalement inacceptable de verser un revenu de base aux riches comme aux pauvres, car il fait valoir qu’ils ne sont pas équivalents et ne doivent donc pas être traités de manière égale. 

En ce qui concerne l’effort de financement lui-même, il fait valoir en outre que la facture du revenu de base serait toujours énorme, quelque chose comme 50 milliards d’euros par an, ce qui signifie une augmentation de 2,4 fois la charge fiscale actuelle sur le travail, bien qu’il concède que d’autres sources de revenu puissent être mobilisées par l’État (par exemple l’impôt sur la fortune, les taxes sur les ressources et la pollution, des freins à l’évasion fiscale). Il conclut qu’il serait préférable de maintenir le système actuel, mais en améliorant la collecte des impôts.

Ce second article a généré un nouveau flot de commentaires. Les discussions publiques sur le revenu de base au Portugal ont finalement commencé.

Source : http://revenudebase.info/

1 commentaire:

  1. Anonyme8.4.16

    nos politiques en France ont interet a tres tres vite mettre ca en place et pas en salaire de base de misere mais corecte de vie = 1500€/base.........ils nous ont suffisamment saigné et volé comme ca ,et j'entends deja les "sophistes" ouvrir leur gueule empoisonnée et trompeuse,
    pour demonter cela ;faudrait qu'ils commencent a rembourser ce qu'ils nous ont volé ;ils ont raison d'avoir peur car les choses commencent a se retourner vite et plus rien n'arretera cet eveil et ces reglements de comptes.

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