jeudi 21 avril 2016

Juncker craint que l’idéal européen ne tombe en ruines


Dans un discours désenchanté, le chef de l’exécutif européen a évoqué «les ruines d’un idéal» européen.
« Le projet européen a perdu une partie de son attractivité », a déclaré Jean-Claude Juncker lors d’un discours devant le Conseil de l’Europe le 19 avril, ajoutant que la Commission avait trop réglementé et interféré avec la vie des citoyens.

« Une des raisons pour lesquelles les citoyens européens s’éloignent du projet européen est due au fait que nous interférons dans trop de domaines de leur vie privée et dans trop de domaines dans lesquels les États membres sont mieux placés pour agir.  Nous avons eu tort de règlementer à outrance et de trop interférer dans la vie de nos citoyens », a-t-il ajouté, avant de rappeler la volonté de l’exécutif d’alléger les lourdeurs administratives pour améliorer la perception de l’UE.

La stratégie du « mieux légiférer » a entrainé le retrait de 83 projets de loi hérités de la commission Barroso. L’administration actuelle a également lancé beaucoup moins de lois que sa prédécesseure.


«Il est vrai que nous ne sommes pas très populaires quand nous défendons l’Europe », a reconnu Jean-Claude Juncker, devant l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, qui n’est pas une institution européenne. « Nous ne sommes plus respectés dans nos pays quand nous soulignons la nécessité de donner la priorité à l’UE. »

« Nous nous retrouverons bientôt avec les ruines d’un idéal ; ceux qui veulent plus d’initiatives nationales aux dépens des principes européens se retrouveront sans défense et l’Union européenne ne sera plus respectée sur la scène internationale », a prévenu Jean-Claude Juncker.

Temps difficile

« Nous vivons aujourd’hui des temps très difficiles », a encore déclaré l’ancien Premier ministre du Luxembourg. « De la crise mondiale des réfugiés aux attaques contre nos sociétés libres, nos institutions subissent une grande pression, et sont parfois poussées jusqu’à leurs limites ».


Selon lui, la baisse du taux de natalité, l’essoufflement de la puissance économique et les crises majeures dans lesquelles l’UE est plongée risquent de lui faire perdre son influence dans le monde.
Le Président de l’exécutif a rappelé qu’il y a 100 ans, 20 % de la population mondiale se trouvait en Europe. À la fin du siècle, ce pourcentage a baissé à 11 % et à la fin de ce siècle, seuls 4 % de la population mondiale sera Européenne.

« Il est évident que nous perdons notre poids économique », a-t-il reconnu. « […] Or ce n’est pas l’image que je veux avoir de l’Europe. Je veux une Europe forte et influente. »

Jean-Claude Juncker a refusé de répondre à une question d’une députée britannique conservatrice, Kelly Tolhurst, qui a demandé ce que faisait l’UE pour réduire les dépenses. Il s’est empressé de répondre que le budget européen n’était pas un sujet à traiter devant le Conseil de l’Europe.

« Éloignons-nous de cette question qui est liée au débat sur le Brexit et pas au débat que nous avons aujourd’hui. Nous avons fait tant d’efforts pour réduire les dépenses [des institutions européennes], je ne pense pas que nous puissions aller plus loin », a-t-il toutefois commenté, avant de parler du coût de la crise des réfugiés.

Turquie

Jean-Claude Juncker s’est également crispé face à plusieurs questions sur l’accord controversé passé avec la Turquie en matière de migration. L’accord, qui consiste à réinstaller un réfugié syrien de la Turquie vers l’UE pour chaque Syrien renvoyé en Turquie depuis les îles grecques, a été vivement critiqué pour son non-respect du droit européen et international.

« Contrairement à ce qui se dit, il ne s’agit pas de renoncer aux valeurs européennes », a précisé Jean-Claude Juncker, furieux de ces critiques.

Après à son intervention, le Président de la Commission rencontrait le Premier ministre turc, Ahmet Davutoğlu, pour discuter de l’accord, en vue d’une visite du Président du Conseil européen, Donald Tusk, à Ankara le samedi 23 avril.

Ahmet Davutoğlu a prévenu que si l’UE n’offrait pas d’exemption de visa aux Turcs, il reviendrait sur l’accord. Jean-Claude Juncker a quant à lui assuré à Strasbourg que l’accord n’abaisserait pas les critères d’admissibilité à la libéralisation des visas avec la Turquie.

Le Président turc, Recep Tayyip Erdoğan a accru la pression sur Jean-Claude Juncker en affirmant que l’UE avait plus besoin d’Ankara que l’inverse. La relation entre l’UE et la Turquie a été sous les feux de la rampe après la conclusion de l’accord sur la migration.

La semaine dernière, la chancelière allemande Angela Merkel a décidé de laisser la Turquie poursuivre en justice un comédien allemand, qui avait ridiculisé le président turc.


Encore un exemple des compromis fait par les dirigeants européens aux dépens de leurs valeurs traditionnelles afin de ne pas froisser Ankara et de résoudre la crise migratoire. Angela Merkel est à l’origine de l’accord avec la Turquie.

Jean-Claude Juncker a refusé d’admettre que les autres pays européens avaient dû se plier au bon vouloir d’Angela Merkel sur des sujets comme la crise grecque.


« Penser que les États européens courbent l’échine face à l’Allemagne est un autre exemple d’impression trompeuse », a-t-il commenté, « cela ne reflète pas la réalité ».

5 commentaires:

  1. Anonyme21.4.16

    L'idéal européen pour l'élite, pas pour le peuple. L’Europe est plutôt un concept pour entuber la majorité des européens qu'une aide bénéfique au gens surtout en ce qui concerne nos droits et leurs lois voté dans notre dos.Maintenant les gens commencent a comprendre ce qu'il se passe, les mensonges ne passent plus et ils ont raison d'avoir peur dans le sens ou leurs plans sur l'Europe n'aboutira pas, c'est terminé. La Turquie, la Grèce et l'Ukraine sont des plans B pour l'élite il suffit d'observer : payer une grande vague de migrants pour relancer l'économie alors qu'il y a des gens qui n'ont ni logement, ni nourriture pour certains. C'est la base : sans base on avance pas ça fait 25/30 ans et bien + qu'ils font de beaux discours mais dans les faits ça vends pas du rêve! L'élite ne réglera pas la base , ce sera a nous de reprendre notre pouvoir et de le faire.

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  2. Anonyme21.4.16

    pour une fois que ce clown voit juste mais ceci est aussi son oeuvre avec celle de ses amis:a
    avoir confié l'europe a des irresponsables le resultat est la ! et enfin car les peuples ne les supportent plus

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  3. Tant mieux si cette prison des peuples vient à disparaître et tant mieux si elle s'effondre, elle n'est que le visage monstrueux du veau d'or qui condamne les nations européennes à leur disparition, à la souffrance et à l'esclavage. Cette union a été bâtie sans l'avis des peuples à qui ont a planté un couteau dans le dos, voilà pourquoi elle n'est pas viable et ne le sera jamais. Elle a été calquée sur le modèle du soviet suprême de l'ex URSS, et les peuples ne veulent pas de cette dictature. L'Europe des peuples n'a été qu'un gros mensonge, une horreur plutôt dévouée à la toute puissance des marchés et des banquiers. Puisqu'elle semble agonisante, alors qu'elle meurt de sa belle mort et le plus rapidement possible, nous irons savourer le champagne sur ses ruines.

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  4. Il était sûrement à jeun, un moment de lucidité

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  5. Anonyme25.4.16

    regardez bien tous ces nazis au parlement européen ! le violeur de la petite Madie MC Khan, BARROSO a filé à l'anglaise, ancien président du parlement européen on te retrouvera ! Junker, et compagnie je n'en donnerai même pas de la pâtée à mes chiens, ils risqueraient de devenir des reptiliens dégénérés clonés ils perdraient leurs âmes...

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