jeudi 25 février 2016

Des chercheurs ont créé un support de stockage… éternel


Une technologie de gravure au laser permet de stocker des informations dans du cristal de quartz pendant des milliards d’années. Les chercheurs veulent maintenant passer au stade de l’industrialisation.
Un disque dur 5D sous la forme d’un quartz nanostructuré a été mis au point par des chercheurs de l’université de Southampton. Ils affirment que leur système est capable de stocker des quantités considérables de données durant des milliards d’années.  



Une équipe de scientifiques de l’université de Southampton, en Grande-Bretagne, est en passe de révolutionner complètement les systèmes de stockage des données. Son projet, conduit au sein du Centre de recherche en optoélectronique, a abouti à la mise au point d’un disque dur capable de résister à l’épreuve du temps. 

Selon ses inventeurs, le dispositif pourrait en effet durer 13,8 milliards d'années. Une incroyable performance technologique qui pourrait résoudre un certain nombre de problématiques actuellement liées aux appareils de stockage des fichiers, non viables dans le temps. Le disque dur nouvelle génération se présente sous la forme d’un quartz nanostructuré de la taille d’une pièce de monnaie. Son secret en terme de résistance tient d’une méthode innovante d’écriture et de lecture en 5 dimensions (5D). 

Cette dernière théorisée en 2013 est désormais devenue une réalité. Elle consiste à graver le disque d’une manière similaire à celle d’un CD classique. Chez ce dernier, les données transférées pour être stockées sont inscrites par un laser de gravure sur une des faces. Lecture 2D vs lecture 5D Les données se présentent alors sous la forme d’un système binaire composé d’une succession de 1 et de 0 représentés par des plats et des creux. Lors de la lecture, un faisceau lumineux parcourt la suite et l’interprète pour retranscrire les fichiers. C’est ce qu’on appelle l’écriture et la lecture en deux dimensions. 

Sur le nouveau disque en revanche, les informations sont encodées en 5 dimensions à l’aide de nanostructures auto-assemblés dans du quartz fondu par des lasers ultrarapides. La lecture se fait ensuite avec un microscope optique et un polariseur. Durant cette phase, cinq types d’informations sont retranscrites par l’orientation des nanostructures, leur position, ou encore l’intensité lumineuse réfléchie. Il en résulte un langage bien plus complexe. 

Davantage de stockage pour plus de résistance L’avantage de ce système est double : non seulement il permet de stocker beaucoup plus de données (jusqu’à 350 téraoctets, soit 350.000 milliards d'octets, selon les chercheurs), mais il s’affranchit également des problèmes de vulnérabilité du CD. Avec cette nouvelle technologie, les données ne sont plus gravées en surface mais à l'intérieur du disque composé de verre. La structure les préserve ainsi d’un certain nombre de facteurs ambiants, rendant désormais possible leur conservation à long terme. Selon les chercheurs, le disque 5D présenterait une stabilité thermique à plus de 1.000°C. Autant dire que le dispositif est extrêmement résistant. 

Celui-ci a d'ailleurs déjà été testé pour enregistrer des documents de taille comme la Déclaration universelle des droits de l’homme, le traité d'optique d'Isaac Newton, ou encore la Bible du roi Jacques. "La dernière preuve de notre civilisation" Selon les scientifiques à la base du projet, cette nouvelle méthode de stockage pourrait améliorer considérablement les méthodes d’archivage. 

Désormais, ces derniers espèrent d’ici peu aboutir à une version commercialisable. Peter Kazan, un des membres de l’équipe explique : "C’est incroyable de penser que nous avons créé la technologie capable de préserver des documents et des informations et les stocker dans l'espace pour les générations futures". Il conclut : "Cette technologie peut assurer la dernière preuve de notre civilisation : tout ce que nous avons appris ne sera pas oublié." 


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