vendredi 8 janvier 2016

Pour George Soros, une nouvelle crise financière menace le monde…


Lors d'une conférence tenue devant des investisseurs le 7 janvier, le célèbre financier George Soros a déclaré :"Lorsque j'observe ce qui se passe sur les marchés financiers, je vois un sérieux problème qui me rappelle ce que nous avons vécu en 2008". Excessif ? Peut-être pas tant que ça...

Atlantico : Le 7 janvier, lors d'une conférence tenue devant des investisseurs, le célèbre financier George Soros a déclaré :"Lorsque j'observe ce qui se passe sur les marchés financiers, je vois un sérieux problème qui me rappelle ce que nous avons vécu en 2008". Fait-il preuve d'un alarmisme excessif ou est-ce que la situation actuelle vous semble être insuffisamment prise au sérieux par les autorités ?

Philippe Waechter : Je pense que la situation actuelle est plus complexe que celle de 2008. A l’époque, la crise reflète un déséquilibre dans le mode de financement de l’économie américaine. Les excès constatés s’étaient traduits par une neutralité forte, voire une indifférence par rapport au risque. Les prises de position étaient extrêmes et excessives. L’ampleur de la crise a été à la dimension des déséquilibres accumulés au sein de l’économie la plus puissante sur le plan de l'activité et sur le plan financier et bancaire. Aujourd'hui les déséquilibres sont globaux traduisant à la fois une croissance mondiale qui ne redémarre pas, une dynamique de l’emploi insuffisante, des ajustements très forts sur les matières premières ce qui fragilise les pays émergents et des situations politiques qui se polarisent.

En d’autres termes, avant 2008 la croissance économique robuste permettait de lisser les questions politiques. Ce n’est plus le cas actuellement et la politique domine une économie à bout de souffle. Bien sûr que les ajustements en cours peuvent être périlleux notamment en Chine, mais il me semble que le plus dangereux seront les ajustements et les bouleversements politiques résultant de ce manque d’expansion. Les pays producteurs de pétrole ne peuvent plus acheter la paix sociale et en Europe la croissance insuffisante incite au repli sur soi rejetant ainsi les éléments clés qui avaient permis la construction de l’Europe. Ces phénomènes politiques et leurs conséquences multiples auront des conséquences profondes et durables. C’est ce point qui m’inquiète : l’absence de croissance provoque des comportements politiques non coopératifs à tous les niveaux et dans la plupart des régions du monde . L’instabilité politique guette partout et c’est plus grave que l'instabilité économique ou financière.

Nicolas Goetzmann : La question de la répétition de 2008 se pose, non pas concernant le contexte international qui n'a véritablement rien à voir, mais relativement à la capacité des Etats à répondre à un environnement économique évolutif. Les conditions changent et les politiques doivent donc être adaptées en permanence avec efficacité. Le parallèle qui peut être fait entre ce début d'année 2016 et 2008 concerne plutôt la précipitation et la concentration de ces bouleversements économiques. Ce sont des moments d'accélération qui nécessitent des réponses. Ainsi, et dans le cas actuel, ce sont le ralentissement économique chinois, le changement de politique de la FED, l'effondrement des cours du pétrole, la crise des émergents etc…qui sont visés. Et en réalité, tous ces événements sont liés, et chacun d'entre eux peut refléter l'inadaptation d'une politique par rapport à un nouveau contexte. Le pétrole s'effondre parce que l'offre augmente alors que la demande chute notamment en raison du ralentissement chinois. La Chine ralentit parce sa monnaie est liée au dollar, et que ce dernier progresse sous l'influence de la hausse des taux qui a lieu aux Etats Unis. Il s'agit donc d'un jeu de domino qui peut également entraîner l'Europe, qui jusqu'à présent, a plutôt tendance à croiser les bras en attendant que ça se passe.

2008 se caractérise par une dégradation rapide du contexte économique qui s'est conjuguée à l'inaction, ou à l'action tardive, des autorités. Principalement des banques centrales. Si ces dernières avaient joué leur rôle, c’est-à-dire offrir un cadre macroéconomique stable, nous n'en serions pas là. L'inquiétude par rapport à ce début 2016 est justifiée, non pas parce que les armes nécessaires à la lutte contre une crise sont inexistantes, mais parce que les autorités "compétentes" sont une nouvelle fois en décalage par rapport aux événements.

De son côté, la banque mondiale publiait ses prévisions de croissance pour l'année 2016, et pointait du doigt la "reprise anémique des pays émergents". Les pays développés ont-ils véritablement la capacité de prendre le relai pour soutenir la croissance mondiale ?

Philippe Waechter : La croissance mondiale est faible. L’absence de leader, de locomotive de croissance empêche l’économie globale de se caler sur une trajectoire élevée et nous en souffrons tous. Les USA avaient joué ce rôle pendant très longtemps et la Chine l’a endossé au début des années 2000 entraînant avec elle les pays émergents. Nombre d’entre eux sont devenus dépendants de leurs échanges avec l'empire du milieu soit par l’intermédiaire de flux commerciaux plus importants soit par la hausse du prix des matières premières. La Chine ne joue plus ce rôle et les pays émergents doivent se redéfinir une stratégie autonome. Cela prendra du temps et c’est pour cela qu’ils restent pénalisés.

Les USA ont une croissance insuffisante pour jouer encore et à nouveau le rôle de locomotive de l’économie mondiale. Quant à l’europe elle n’a jamais vraiment eu la capacité de jouer ce rôle de leader sur le plan économique. Et même si en 2016 la croissance se rapproche de 2% ce ne sera pas suffisant pour changer le profil de l’économie globale.

La question majeure est de savoir comment modifier ces dynamiques locales à la hausse et créer un mouvement générateur d’emplois. Pour l’instant on y arrive pas et dans cet environnement les pays émergents sont les plus affectés. C’est l’absence de résultats sur ce point qui oblige à’maintenir des politiques économiques très accommodantes dans la durée.

Nicolas Goetzmann : Les Etats-Unis sont désormais confrontés à un risque sérieux de ralentissement. L'Europe, malgré une accélération anticipée de sa croissance 2016 et 2017, continue d'avancer à petits pas. Dans les deux cas, et surtout pour l'Europe, le potentiel économique n'est pas pleinement exploité. Il existe donc des ressources permettant de soutenir un peu plus la croissance des pays développés et donc de porter la demande mondiale un peu plus haut. Les pays développés ont donc cette capacité, mais encore faut-il le vouloir. Parce que le jeu de l'Europe jusqu'à présent, a été de tenter de profiter de la croissance étrangère pour sortir de la crise, et ce, en évitant soigneusement de relancer son activité intérieure. En créant un tel déséquilibre, l'Europe surfe tout simplement sur les efforts des autres, ce qui s'appelle la stratégie du passager clandestin.

Lors des derniers G20, le continent a été lourdement critiqué pour cette attitude totalement non coopérative. Aujourd'hui, le roue a tourné et ce sont les pays émergents qui ont besoin de trouver des relais de croissance. Les prochaines réunions internationales, comme le G20, s'annoncent animés pour cette raison, il faut simplement espérer que les européens réagissent enfin, et prennent la mesure du déséquilibre qu'ils provoquent au sein de l'économie mondiale.


Ce qui passe par une relance massive de la demande intérieure du continent.

Du côté des Etats Unis, le vice-président de la Fed, Stanley Fisher, prépare les esprits pour une politique de resserrement monétaire qui serait constituée de 4 épisodes de hausse des taux. Dans un tel contexte international, cette politique est-elle adaptée ?  

Philippe Waechter : Stanley Fischer ne veut surtout pas donner de signaux particuliers quant à l’orientation qui pourrait être prise par la Fed.

Les investisseurs anticipent deux relèvements mais lui ne veut en aucun accréditer cette position. Il donne des jalons pour ne pas permettre de comprendre ce que fera effectivement la banque centrale US mais il le fait avec suffisamment de talent pour que ce soit pris au sérieux.
Dans le contexte plutôt déflationniste du moment une remontée des taux de la Fed n’est pas la bienvenue car elle pourrait contraindre davantage la dynamique interne de l’Amérique mais aussi provoquer des ajustements forts sur la dette des pays émergents. Ce serait catastrophique dans un cadre de croissance faible. On ne pourrait alors pas exclure une crise de la dette émergente.

Nicolas Goetzmann : Les discussions sont vives entre les membres de la Fed, et Stanley Fisher, assez curieusement au regard de son passé, se place aujourd'hui dans la catégorie des faucons, des "durs". Son intention avouée de relever les taux d'intérêts à 4 reprises dans le courant de l'année 2016 semble largement prématurée, notamment au regard des effets du premier relèvement de taux opéré en décembre dernier. D'une part, les taux d'intérêts sont légèrement repartis à la baisse, ce qui signifie que les marchés anticipent une croissance moindre, d'autre part, l'inflation persiste à un niveau faible (inflation "core" à 1.3% en 2015 au lieu de 2%), et, enfin, le dollar progresse fortement face à la majorité des autres devises (+20% en 18 mois), pour en arriver à un plus haut de plus de 10 ans. En d'autres termes, la bonne santé de l'économie américaine pourrait se dégrader dans le courant de l'année, et il serait vraiment de bon ton de jouer la prudence pour éviter le pire. Voilà pourquoi d'autres membres de la Fed ont un discours différent, dont Lael Brainard. Cette économiste, nouvelle entrante à la Fed, aurait plutôt tendance à vouloir soutenir la demande intérieure jusqu'à réalisation du plein potentiel de l'économie américaine, et ce, avant toute action de politique monétaire. Elle a également averti ses homologues des menaces qui pesaient sur l'économie du pays en conséquence du contexte international actuel. Il est à espérer qu'elle soit plus écoutée par Janet Yellen, actuelle présidente de la Fed.

En comparant la situation actuelle à celle de 2008, peut-on considérer que les pouvoirs publics ont tiré les leçons de ces événements ? Une répétition est-elle tout de même envisageable ?

Philippe Waechter : Comme je l’évoquait plus haut, la crise n’est pas du même ordre qu’en 2008. C’est une autre forme plus complexe et plus profonde car très politique. 2008 a été une crise profonde et unique, celle que nous pourrions avoir aurait les mêmes caractéristiques de profondeur et de durabilité mais sur un champs beaucoup plus large car ayant une dimension politique forte. Les leçons de 2008 ne s’appliquent pas. Ce n’est pas nouveau car chaque crise est unique.

Nicolas Goetzmann : En Europe, le déni est tel que le diagnostic de la crise de 2008 n'a toujours pas été correctement établi. Pourtant, cette discussion autour du diagnostic de crise a été vif aux Etats-Unis, entre les dirigeants et les universitaires par exemple, et sa conclusion autour d'une crise de nature monétaire a donné lieu à la mise en place de politiques adaptées à cette situation. 

Ce qui a permis d'obtenir de bons résultats. En Europe, en dehors de Mario Draghi qui essaye de sauver les meubles, les dirigeants ne semblent toujours pas avoir pris la mesure de ce qui avait bien pu se passer. L'Europe est restée figée dans cette idée de crise des subprimes, de crise de la dette etc. Alors que le problème majeur provenait de la mauvaise gestion de la BCE. Ce qui signifie que l'Europe n'est toujours pas prête à affronter une nouvelle dégradation de l'environnement économique. 

La présence de Mario Draghi à la tête de l'institution est tout de même plus rassurante que celle de Jean Claude Trichet. Du côté des Etats-Unis, il semble que les gouverneurs de la Fed, malgré un certain raidissement au cours des derniers mois, restent conscients des difficultés auxquelles ils doivent faire face. Du côté de la Chine, il est urgent que les autorités se détachent de leur ancrage au dollar, parce que la politique que s'apprête à mener la Fed a le potentiel pour faire déraper sérieusement la deuxième économie du monde, et, par effet de contagion, entraîner une bonne partie des pays émergents avec elle. Un domino après l'autre.


Source : http://www.atlantico.fr

6 commentaires:

  1. Anonyme8.1.16

    Mort de rire, Palpatine - Soros nous parle du côté obscur, sûr qu'il en connaît un rayon de ce côté là ce vieux déchet vérolé...

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  2. Anonyme9.1.16

    Je ne vois pas l'intérêt de mettre ce genre d'article, tout comme les prédictions de Baba Vanga ou les prédictions 2016 de 2 autres voyants "brumeux". Soros a tout intérêt a distiller la peur car elle permet de contrôler les gens. Nous co-créons, donc tout est dans le changement. 2016: le changement se fait en nous…….

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  3. Anonyme9.1.16

    HA ! le POVE type ! vite hopital psychiatrique pour lui un ricon de + ! la liste est longue
    chez eux

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  4. Anonyme9.1.16

    Soros c'est celui qui a formé la dégénérée psychopathe qui prône le Gender pour les enfants Najat Vallaud-Belkacem, mais il en a formé d'autres , SOROS planque toi bien dans ton bunker tu vas avoir des surprises, mieux changes de planète car tu seras retrouvé où que tu ailles

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  5. Anonyme14.1.16

    Soros tu fais partie de ceux qui ont créés toutes les guerres, toutes les fausses crises tous les effondrements bidons, chûtes boursières etc.

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