jeudi 12 novembre 2015

Trop de bruit fait-il grossir ?


L’exposition quotidienne à des nuisances sonores, notamment au bruit des transports, serait liée à une augmentation du tour de taille, selon une étude.

Vivre à proximité d'un axe routier, un facteur de surpoids ? Oui, à en croire une étude suédoise publiée dans la revue Occupational and Environmental Medicine. Attention, celle-ci ne permet évidemment pas de conclure à un lien de cause à effet, mais souligne une corrélation qui pourrait s'expliquer par les effets de stress et du manque de sommeil dus aux bruits. Deux facteurs qui, eux, sont bien associés à la prise de poids.
5 décibels = 0,21 cm de tour de taille

Pour parvenir à cette conclusion, des chercheurs de l'institut Karolinska ont comparé entre 2002 et 2006 l'exposition au bruit ambiant de 5.075 personnes (âgées de 43 à 66 ans) vivant dans différentes zones péri-urbaines de la ville de Stockholm ou en zone rurale (circulation des voitures, des trains, des avions etc.). Ils ont également soumis les volontaires à un questionnaire médical afin de recueillir des informations relatives à leur style de vie, leur santé, leur niveau de stress et la présence d'éventuelles insomnies. Tous ont dû faire mesurer leur pression sanguine, ainsi que leur masse corporelle grasse totale, et évaluer leur rapport taille-hanche moyen et leur indice de masse corporelle. 

Verdict : 54 % des participants étaient quotidiennement exposés à au moins une source de bruit (15 % à être touchés par deux sources et 3 % par trois). Les chercheurs ont remarqué que l'exposition au bruit, quelle qu'en soit l'origine, accroissait le risque de voir augmenter son tour de taille : les résidents subissant depuis plusieurs années la pollution sonore du trafic routier avaient un tour de taille plus important que les autres, correspondant en moyenne à 0,21 cm de plus pour chaque accroissement de 5 décibels. Les volontaires soumis à 3 sources de bruit présentaient, eux, un risque d'augmentation de leur tour de taille de 50%, soit le double de ceux qui n'étaient exposés qu'à une seule source de pollution sonore, selon cette étude.

Que penser de ces résultats ? Les chercheurs ne tirent aucune conclusion de cause à effet. Toutefois, ils soulignent que l'accumulation de graisses peut être due aux hormones de stress, principalement le cortisol. Selon eux, ce dernier pourrait être produit en quantité d'autant plus grande lorsque le bruit est élevé. La pollution sonore pourrait également affecter négativement le métabolisme et les fonctions cardiovasculaires en influant sur le sommeil. Or, des nuits perturbées vont à leur tout modifier les habitudes alimentaires et favoriser la prise de poids.

Source : http://www.sciencesetavenir.fr

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