vendredi 6 novembre 2015

Résistance agricole : la Ferme du Bec Helloin


Nouvel épisode de notre série sur les résistances agricoles ! Aujourd’hui : la ferme du Bec Helloin. Pionnière de la permaculture en France, cette ferme concentre ce qui se fait de mieux en terme d’agriculture écologique, diversifiée et productive. Devenue en quelques années une vitrine de la permaculture, la ferme a aussi noué des partenariats de recherche pour construire l’agriculture de demain, débarrassée du pétrole et des engrais chimiques. Présentation et vidéos.

La permaculture : nourrir l’humanité sans détruire la planète
C’est en 2004 que Perrine et Charles Hervé-Gruyer, anciennement juriste et navigateur, créent la Ferme du Bec Hellouin en Haute-Normandie. Ils démarrent en agriculture biologique « classique » puis passent à la permaculture en 2008. Une révélation qui transforma leur projet. La permaculture est une forme d’agroécologie systémique très diversifiée – la ferme cultive plus de 800 variétés de fruits et légumes dont 500 essences d’arbres. Son principe « s’inspire du fonctionnement des écosystèmes naturels pour concevoir des installations humaines harmonieuses et durables ». Aujourd’hui, leur ferme est devenue une référence internationale en matière d’agriculture écologique et productive et attire des visiteurs, amateurs ou professionnels, du monde entier.

En complément de leur activité maraichère, Perrine et Charles ont fondé l’Ecole de Permaculture du Bec Hellouin, proposant des formations à destination des professionnels et particuliers. Les formations se déroulent dans un éco-centre construit au sein de la ferme. L’école a également pour but de fédérer les recherches autour de l’agroécologie : elle est membre du réseau des fermes expérimentales en agronomie de l’INRA et fait l’objet d’études en partenariat avec AgroParisTech, regroupant chercheurs, paysans et étudiants. Des recherches pointues qui ont un objectif simple : « inventer une agriculture capable de nourrir l’humanité sans détruire la planète ». Objectif que l’agrochimie conventionnelle est parfaitement incapable de réaliser.

Voici un extrait des résultats de l’étude menée conjointement avec l’INRA et AgroParisTech (Déc. 2014) :

« Sur une année, de septembre 2013 à août 2014, et sur 1000m2 cultivés, la valeur récoltée est de 50800 €, pour une charge de travail sur les parcelles de 2000 heures. […] Il est possible de créer son activité de façon à dégager un revenu net de plus de 1500€/mois, tout en parvenant à une qualité de vie correcte. Les leviers pour cela sont : – la diminution de la surface cultivée à afin de bien soigner toutes les cultures – le recours à de la main d’œuvre, y compris rémunérée à grâce à l’augmentation de la valeur récoltée – l’amélioration de l’efficacité du travail en général à design, techniques et outils adaptés… »

Épisode 1 :  Introduction à la permaculture
Dans ce premier épisode, le couple de maraichers-formateurs fait une présentation générale de la permaculture : son origine, sa philosophie et ses techniques. L’application de ces dernières dans leur ferme est abordée à travers plusieurs exemples, notamment le fonctionnement écosystémique qui lui procure sa très grande productivité et sa résistance aux maladies, ainsi que la forêt-jardin, technique de diversification calquée sur la nature qui fonctionne sans engrais ni pesticides, mais aussi sans arrosage ni travail du sol. Les auteurs expliquent également pourquoi la permaculture est parfaitement adaptée pour répondre aux crises sociale et environnementale actuelles. Plus d’infos dans la vidéo !



Épisode 2 : La ferme du Bec Hellouin 
Cet épisode aborde l’histoire et le fonctionnement de la ferme. Perrine et Charles Hervé-Gruyer se sont ainsi inspirés des meilleures techniques agricoles à travers le monde, notamment celles des pionniers américains de la micro-agriculture bio-intensive, et les techniques traditionnelles asiatiques, manuelles et très efficaces. On suit dans la vidéo les réussites, les échecs et les évolutions de la ferme, ainsi que les excellents résultats en terme de productivité, qui ne cessent de s’améliorer. La large panoplie des techniques permaculturelles est passée en revue, exemples à l’appui : design permaculturel, foret-jardin et agroforesterie, diversification maximale (à l’extrême inverse des monocultures intensives), compost et recyclage, importance des points d’eau et des zones d’échanges, développement de la microbiologie du sol, interactions avec les animaux, etc. A découvrir dans cette vidéo.




Livre : « Permaculture – Nourrir les Hommes, guérir la Terre »Éditions Actes Sud

« Les résultats obtenus à la ferme du Bec Hellouin, grâce à l’énergie du soleil, stupéfient aujourd’hui les agronomes : en travaillant entièrement à la main, Charles et Perrine produisent des récoltes abondantes et de qualité sur une toute petite surface, tout en créant de l’humus, en aggradant la biodiversité, en embellissant les paysages, en stockant du carbone dans les sols et les arbres. Une étude agronomique menée en partenariat avec d’éminents chercheurs démontre la pertinence sociale, économique et écologique d’une agriculture permaculturelle qui dessine une nouvelle manière d’être paysans au XXIe siècle, source potentielle de millions d’emplois. »

3 commentaires:

  1. Anonyme8.11.15

    et arrosée avec les chemtrails et l'eau des rivières contaminées bon appétit !

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    1. Anonyme8.11.15

      Et tu proposes quoi ……….??? de mieux …..!!!!!!!

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  2. Anonyme10.11.15

    Bravo pour votre travail et surtout votre adaptation au milieu. J'espère que votre mode travail est contagieux car demain il faudra se nourrir beaucoup plus localement, j'en suis convaincu...
    En retraite maintenant, après avoir réalisé un projet d'autoconstruction ou plutôt d’auto réhabilitation, j'installe une permaculture sur un terrain en vallée sur un sol d'herbage, peu profond, caillouteux. Plantation de 400 arbres pour constituer les haies (projets de BRF, bois de chauffage, brise vent, équilibre de biomasse, de flore de faune... et surtout intégrer des arbres pour le paysage et le stockage de carbone) Cela fait maintenant 4 ans que j'ai commencé et je mesure déjà la production et la qualité des légumes sur bute comparé au jardinage classique à plat, ce n'est pas un rêve !! J'apporte beaucoup de paillage et sème des zones de trèfle, de phacélie (abeilles), j'ai implanté de la bourrache et de la consoude et préserve quelques zones d'orties... Bref je fais ça au filins en supprimant le travail du sol... pascal

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