mardi 20 octobre 2015

"Sexe neutre" : le "troisième genre" reconnu en France ?


Une personne intersexuée vient d'être déclarée de "sexe neutre" par un tribunal. Une grande première en France.

Il a 64 ans et, malgré cet âge, une silhouette d’adolescent imberbe. Monsieur "X" est né ni garçon, ni fille. Il était doté à la fois d’un vagin rudimentaire et d’un micro-pénis. C’est un intersexué, autrefois appelé hermaphrodite. Il a été inscrit à l'Etat civil comme homme, a reçu un prénom de garçon et a été élevé comme tel. C’est la première personne déclarée de "sexe neutre" en France, suite à une décision du tribunal de grande instance de Tours.


Le troisième sexe existe-t-il ?

Derrière la distinction homme/femme, la plus évidente, il y a une multitude de cas, certes minoritaires, où le sexe d’un individu n’est pas clair. Une fois sur 4.000, le scénario de la naissance déraille et apparaît un bébé dont personne ne sait, de prime abord, s’il est un garçon ou une fille. En effet, son appareil génital n’est pas correctement développé. Il peut s’agir d’un micro-pénis, ou encore d’une vulve fermée. Impossible alors de l’inscrire à l’Etat civil, sauf à choisir arbitrairement. La case reste donc vide pendant un temps, qui peut durer jusque trois ans en France. Ensuite, il faut choisir, "F" ou "M".

Dans la majorité de ces cas, les recherches (tests génétiques et hormonaux, échographies), permettent de déterminer le sexe de l’enfant. En tout cas, de quel côté il "penche" le plus.

Le sexe s’impose au vu des résultats des examens et ne prête pas à discussion", nous expliquait en 2012 le professeur Georges Audry, chirurgien à l’hôpital Trousseau, à Paris.

En une semaine environ, les parents sont fixés. Louise (*), par exemple, est née "virilisée". Elle était dotée de deux minuscules testicules et d’un pénis collé, "comme une boursouflure", nous racontait sa maman, en 2012. Génétiquement, Louise est de chromosomes sexuels "XX" (de filles) mais elle a reçu trop d’hormones mâles (testostérone) in utero et s’est donc mal développée. Elle a été opérée à l’âge de six mois, son appareil génital, féminisé. Et elle est élevée en fille.

Dans les pays anglo-saxons ainsi qu’en Suisse, ces opérations sont vivement contestées car elles sont assimilées à des mutilations sexuelles. Pratiquées de surcroît sur des enfants encore incapables de dire s’ils se sentent plus fille, ou plus garçon, ou les deux...

Je ne fais pas de vaginosplastie à une jeune fille avant qu’elle sache à quoi sert un vagin", nous martelait le chirurgien helvète Blaise-Pascal Peyrat.

Les enfants intersexués suisses sont libres de choisir. Monsieur "X" n’a, lui, jamais été opéré. Mais il a dû prendre des hormones mâles vers l’âge de 35 ans, pour raisons de santé. "Mon apparence s’est masculinisée. C’était comme un viol constant", raconte-t-il dans "20 Minutes".

Dans environ 10 % de ces anomalies du développement sexué, personne ne sait comment évoluera l’enfant. Ni comment son corps changera, ni dans quel genre il sentira le mieux. C’est l’hermaphrodisme le plus pur. Et probablement le cas de ce monsieur "X" : "[A l’adolescence], je n’avais pas de barbe qui me poussait. Mes muscles ne se renforçaient pas. Je voyais bien que je n’étais pas un homme. En même temps, il m’était impossible de croire que j’allais devenir une femme. Je n’avais pas de seins, non plus."


Les transsexuels sont-ils concernés ?

La cause du "troisième genre", ou du "genre fluide", progresse dans le monde. Notamment sous l’impulsion des transgenres (ou transsexuels) qui, eux, ne sont pas des intersexués. Ils sont "juste" nés dans le mauvais corps. Leur biologie n’est pas en adéquation avec le genre dans lequel ils se vivent, avec leur ressenti. Mais ils mènent un combat en commun avec les intersexués, pour faire changer les lois.

En France, les "trans" peuvent changer d’Etat civil, mais seulement s’ils ont fait une chirurgie de réassignation sexuelle, au moins partielle. Concrètement : ils doivent être stérilisés. Suivant les régions, les tribunaux réclament des conditions différentes (comme de suivre un traitement hormonal). Les transgenres changent alors juste de case, passant d’"homme" à "femme", ou l’inverse. Il n'existe pas de troisième case prévue pour eux.

A l'étranger, cette case existe d'ores et déjà dans certains pays. Elle a pour nom "troisième genre" ou "genre neutre", et elle est réservée ou aux "trans", ou aux "inter", ou aux deux.

Depuis avril 2012, l’Argentine permet de changer son genre à l’état civil, sans exiger ni traitement hormonal, ni opération préalable. C’est un libre choix. Début 2013, le Népal a créé un "troisième genre" sur ses documents officiels. L’Inde a également, en avril 2014, opté pour un "troisième genre" destiné aux transgenres. En avril 2014, la justice australienne a reconnu le "genre neutre", au terme d’une bataille juridique concernant un transsexuel. 

L’Allemagne, elle, reconnaît les bébés intersexués dans son Etat civil. 

En mai, un rapport du Conseil de l’Europe préconisait de mettre fin à la classification homme/femme dans les administrations d'Etat, afin de simplifier la vie des parents de ces bébés intersexués.

L’affaire de monsieur "X" n’est pas terminée, puisque le parquet a fait appel. Restera encore à confirmer, ou pas, l’existence, en France, d’un "troisième genre"…

3 commentaires:

  1. Anonyme21.10.15

    La tare est un effet d'une mauvaise combinaison chromosomique et on veut nous faire croire que cela est naturel parce que cet être déficient est né viable !? Aberration !
    C’est une énormité que des minorités insignifiantes bouleversent l’équilibre d’un tout bien en place depuis la nuit des temps !? Et nous les avocats du diable sommes tous complices de cet état ! Attendons que mère nature reprenne ces droits et nous verrons qui vie et qui meurt !?
    Bande de sataniste, que ne feriez vous pas pour garder le contrôle de cette planète !?
    Vous êtes prêt à nous formater (du moins les générations suivantes) par répétition et bourrage de crâne, que la loi naturelle n’est pas l’équilibre et que le déséquilibre est équilibre !?
    Vous ne gagnerez rien en ce sens, parce que la vérité est la vérité et quoi que l’on fasse se ne sera que souffrance… !? Puissiez-vous retrouver la raison, si raison juste il y a, et que de bonté, beauté et vérité, soit en vous ! A bon entendeur, salut !
    Micaël

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  2. Anonyme22.10.15

    ce serait intéressant de mettre un utérus et de couper le sexe à tous les pédophiles comme çà on éviterait que les enfants subissent les enlèvements et l'abject

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  3. Anonyme25.10.15

    On peut être bien une femme dans cette vie et dans une autre antérieur avoir été un homme, mais la dame nature c'est la maman qui doit choisir pour son enfant ,si personne ne peut le faire à sa place, alors je dirais que les fautifs sont les parents car à la naissance ils avaient le choix, ça s'opère, car l'enfant toute sa vie en sera marqué pour toujours.
    Il y a que ceux qui sont nés avec 6 doigts aux pieds et au mains qui s'en balance, voir la femme d'Obama pour s'en rendre compte !

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