lundi 7 septembre 2015

Le Transhumanisme en 3 questions


Clones, mutants, cyborgs,… des images souvent associées au transhumanisme et alimentées par les prophètes de l’innovation et la science-fiction. Chaque jour, les progrès de la biologie et du numérique gomment davantage les frontières entre l’humain, la mécanique et l’électronique. Le mouvement transhumaniste prend de l’ampleur, soulève de nombreuses questions, mais reste pourtant difficile à cerner. La réalité est-elle en train de dépasser la fiction ?

Le transhumanisme, c’est quoi ?

Le terme « transhumanisme » a été inventé en 1957 par Julian Huxley, le frère de l’auteur du célèbre roman Le meilleur des mondes. C’est un mouvement né en Californie, au carrefour des cultures sixties et du développement de l’informatique. Aujourd’hui, il a pris une ampleur bien plus large et questionne les scientifiques et philosophes du monde entier. La pensée transhumaniste repose sur l’idée que le progrès technologique permet d’améliorer notre vie quotidienne et de dépasser notre nature humaine.

Les transhumanistes observent que l’Homme tel que nous le connaissons aujourd’hui n’est pas un être fixe. Il est transformable, améliorable. Pendant des millénaires, la selection naturelle s’est chargée de l’adapter à son environnement. Aujourd’hui, l’Homme serait capable de prendre en main son destin et de se développer lui-même.

A quoi ressemble le futur pour les transhumanistes ?

La convergence des NBIC (Nanosciences, Biologie, sciences de l’Information et sciences Cognitives) permet à l’Homme d’accélérer sa propre évolution. Les transhumanistes se questionnent sur l’avènement ou non de la « singularité technologique », cet instant de rupture dans l’Histoire au-delà duquel « la civilisation humaine connaîtra, grâce au développement exponentiel d’une intelligence artificielle forte, une croissance telle que tous les fondements de notre société ne pourront plus être pensés avec leurs valeurs actuelles ».


Il existe plusieurs courants, plusieurs philosophies, au sein du mouvement. Deux des principaux sont les singularitariens et les pragmatiques.

Les singularitariens veulent bâtir un monde dans lequel l’humain aurait dépassé la mort biologique. Comment ? En améliorant le corps, défaillant par nature, grâce à des machines. En transformant le génome ou en recomposant l’ADN. Voire, pour les plus audacieux, en s’affranchissant le plus possible des limites physiques par le téléchargement de la pensée et de la conscience humaine dans un ordinateur.

Les pragmatiques ont une vision plus prudente. Cela se traduit par des technologies de réparation et d’amélioration ne proposant qu’un dépassement progessif de notre condition humaine actuelle : prothèses contrôlées par la pensée, cœurs artificiels, oeils bioniques, etc. Des technologies qui permettront à tous de gagner en confort et en longévité, sans déboucher forcément sur le « post-humain ».

Il faut également distinguer ici les courants extropiens et techno-progressistes. Les premiers revendiquent une liberté absolue d’augmentation corporelle et cérébrale, dans le cadre d’une philosophie libertarienne et individualiste. Les seconds, tels que l’association française transhumaniste Technoprog, s’interrogent davantage sur l’impact global du transhumanisme à l’échelle de la société, et militent pour que ces nouvelles technologies soient accessibles au plus grand nombre.


Faut-il en avoir peur ?

Le transhumanisme cristallise de nombreuses peurs et flirte avec des questions éthiques délicates. Il suscite autant d’enthousiasme que de critiques. On peut déceler, dans les craintes courantes associées au mouvement, le mythe de Frankenstein. C’est la crainte que les créations humaines se retournent contre l’Homme. Les progrès en Intelligence Artificielle, et les recherches sur la symbiose entre le cerveau humain et les réseaux numériques ouvrent de nouvelles dimensions inconnues et aux possibilités formidables… à condition de les maîtriser.

Le débat dégage également une question éthique : ces nouvelles technologies vont elles profiter à tous de façon équitable ? Il y a en effet un risque que, comme avec le lancement de n’importe quelle technologie, seuls les plus riches puissent en profiter. On verrait alors naître une caste de quasi-immortels fortunés, et de pauvres condamnés à subir les effets de la nature et la mort.

Et pourtant le transhumanisme est déjà bien présent. Le monde du sport est un milieu dans lequel on observe quotidiennement ces technologies, sans même le savoir. A l’image d’Oscar Pistorius, de plus en plus de sportifs handicapés pratiquent leur discipline grâce à des prothèses ultra-perfectionnées. Ce sont de véritables extensions de leurs membres qui, si elles n’étaient pas bridées de façon délibérée, dépasseraient souvent de loin les capacités d’un sportif lambda.


Avec la Déclaration Technoprogressiste, qu’elle a cosigné, l’association française Technoprog déclare : « Le monde est de manière inacceptable inégalitaire et dangereux. Les technologies émergentes pourraient le rendre largement meilleur, ou bien pire. Malheureusement, trop peu de gens comprennent aujourd’hui la dimension des menaces ou des bienfaits auxquels l’humanité doit faire face. ». Le transhumanisme ouvre la porte à un nouvel humain, l’Homme 2.0. Mais que va t-il faire de ce que le progrès technologique lui offre ?

3 commentaires:

  1. je me demande si lon m'offrais de nouveaux poumons parfais , pas ceux d'un autre , synthétique et mécanique hum

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  2. Anonyme8.9.15

    a bas le transhumanisme

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  3. Anonyme11.9.15

    Le transumanisme est contre nature comme beaucoup de choses, une mauvaise idéologie.

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