mardi 23 juin 2015

Des organes humains de la taille d'une puce


Bientôt un corps humain artificiel complet? En tout cas, ça en prend le chemin. Le musée du design londonien vient de décerner son prix 2015 du « meilleur produit design de l’année »...và une innovation scientifique. Cette puce mi-artificielle mi-biologique pourrait bien révolutionner l’industrie pharmaceutique, notamment en supprimant les tests sur les animaux.



Financé à 1,4 million d'euros par l'Union Européenne et 12 millions de dollar par l'entreprise NanoDimension, le BOC (« Body on Chip », « un corps sur une puce ») a de quoi séduire. S'il permet d'éviter les tests sur animaux, il en limite aussi les échecs. Géraldine Hamilton, biologiste de la start-up américaine Emulate à l'origine de cette innovation, explique pourquoi:

"Les tests sur animaux, en plus d'être coûteux, ne sont pas toujours précis. Des différences biologiques fondamentales persistent entre humains et animaux. L'utilisation de tissus humains dans notre puce permet donc de gagner en temps et en efficacité."

Un manque à gagner pour l'industrie pharmaceutique, comme le rappelle le Docteur Jan Lichtenberg, de la start-up suisse Insphero, au site Atlantico :

"Elle perd beaucoup d'argent en laissant les potentiels médicaments trop longtemps en phase de développement, avant de découvrir qu'ils ne fonctionnent pas. L'industrie pharmaceutique veut connaître au plus tôt le risque de toxicité du médicament, pour éliminer les ratages et donc économiser des millions, voire des milliards en coûts de développement."

Créée sous la houlette de Donald Ingber, le directeur du prestigieux Wyss Institute de l'université de Harward, les créateurs de cette technologie viennent de signer un partenariat de recherche avec le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson.

Une commercialisation pour 2016

Translucide, de la taille d'une clef usb, la puce est constituée de deux faces. D'un côté des tissus humains (c'est-à-dire du sang ou un liquide qui en imite l'action), et de l'autre, une paire de couloirs qui imitent les pulsations d'un humain.

Un environnement qui permet, une fois créé, de simuler des infections via l'ajout de cellules bactériennes et de globules blancs dans ses différents canaux. Pour observer les réactions de la puce à ces actions, il suffit simplement de la placer sous un microscope.

Pour l'instant, cette technologie permet de reproduire plusieurs parties du corps à l'échelle microscopique: rein, foie, poumons, estomac et cœur. Mais la start-up Emulate compte bien développer ses puces microscopiques pour les associer entre-elles. A termes, l'entreprise voudrait proposer un corps artificiel complet.

Le prix du produit design

En concurrence avec la voiture sans chauffeur de Google, le BOC a gagné le cœur des jurys du musée du design de Londres. L'un d'entre eux, l'artiste Anish Kapoor, témoigne:

"C'est une idée vraiment énorme, qui incorpore la technologie au design pour éliminer le problème d'avoir à utiliser des animaux pour tester un produit. On dirait une de ces questions du futur !"

Visionnaire, ce prix a pour but de récompenser un produit "qui capture l'esprit de l'année, tout en ayant un impact réel sur la vie humaine". Comme le rappelle The Financial Times, nul doute que les objets mobiliers vont être concurrencés dans les années à venir...

Source : http://www.latribune.fr

1 commentaire:

  1. Anonyme24.6.15

    Au moins ... On arrêtera la souffrance des animaux...!!!
    Une bonne chose dans la mesure où les lobbies n'en profitent pas pour se gaver encore plus facilement... et surtout si des dérives ne viennent pas fausser les résultats...
    A surveiller ... L'homme n'est pas Dieu !!!

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