lundi 18 mai 2015

La plus grosse prise de l’Histoire


JP Morgan continue d’enregistrer des livraisons d’argent physique sur son propre compte. Rien que pour les contrats à terme Comex du mois de mai, elle a enregistré la livraison de plus de trois millions d’onces physiques. Et JP Morgan devrait enregistrer la livraison d’un million d’onces supplémentaires avant la fin de la période de livraison actuelle. Ces quantités d’argent viennent s’ajouter aux 7,5 millions d’onces livrées à la banque au mois de mars.

Un autre évènement majeur a été ces dernières semaines le retrait de 5 millions d’onces depuis l’ETF SLV. Cet important retrait semble correspondre à la conversion par un gros acheteur de ses parts en métal physique, dans l’objectif de contourner les exigences de déclaration de propriété de 5%. Je suppose qu’il s’agit là de l’œuvre de JP Morgan, et d’une représentation du mécanisme par lequel la banque a pu amasser les 350 millions d’onces que j’estime qu’elle ait accumulé au cours de ces quatre dernières années.

L’atelier monétaire des Etats-Unis a vendu 783.500 Silver Eagles en seulement deux jours après avoir passé quatre à cinq jours sans vendre quoi que ce soit. Les deux jours suivants, l’atelier monétaire a déclaré avoir vendu 50.000 pièces supplémentaires. C’est précisément là le niveau de ventes erratique typique de la présence d’un gros acheteur. Je ne peux pas certifier qu’il s’agisse de JP Morgan, mais tout laisse supposer que ce soit le cas.

L’atelier monétaire du Canada rapportait la semaine dernière ses ventes de Silver Maple Leafs pour l’année 2014, et ses chiffres présentent la même tendance que celle suivie par les ventes de l’atelier monétaire américain. Les ventes de pièces d’argent ont atteint un nouveau record, avec plus de 29 millions de Silver Maple Leafs vendues. Le gros acheteur de Silver Eagles a aussi acheté des pièces canadiennes. Au cours de ces quatre dernières années, cet acheteur a accumulé au moins 30 millions d’onces de Maple Leafs et 75 millions d’onces de Silver Eagles, pour un total de plus de 100 millions d’onces d’argent sous forme de pièces. Je suis convaincu que ce gros acheteur se trouve être JP Morgan.

Comment JP Morgan peut-elle vendre des centaines de millions d’onces d’argent sans inonder le marché et faire s’effondrer les prix ? Cela fait-il partie de ses activités de routine – accumuler puis liquider de grosses positions avant même que la plupart des gens ne se lèvent le matin ? C’est sa deuxième nature. De mon humble avis, cet argent se trouvera vendu avant même que les gens réalisent qu’il aura été acheté. Acheter 350 millions d’onces d’argent est la phase la plus difficile du processus.

Ce gros acheteur exploite une échappatoire légale qui demande à un atelier de frappe de produire des quantités de pièces suffisantes à la satisfaction de la demande. JP Morgan influence donc les prix à la baisse grâce à des ventes à découvert sur le Comex, puis demande à l’atelier monétaire des Etats-Unis de lui livrer tous les Silver Eagles qu’il produit. Elle ne se soucie pas de payer deux dollars de plus que le prix au comptant, tout ce qui l’intéresse est d’obtenir autant d’argent que possible. Mais qu’en est-il de la vente des pièces qui selon moi ont été achetées par JP Morgan ? Elles ne seront pas vendues sous forme de pièces, mais seront refondues sous forme de barres de 1.000 onces. Une grande partie de ces cent millions d’onces de pièces ont peut-être déjà été fondues. Puisque ces pièces ont la même pureté que les barres de 1.000 onces, leur refonte n’est pas un procédé outrageusement coûteux.

A la fin de l’année 2007, alors que le prix de l’argent était de moins de 15 dollars mais toutefois très proche de son record sur vingt-cinq ans, Bear Stearns a acquis la plus importante position à découvert sur l’or et l’argent jamais enregistrée, après que ces positions ont été transférées depuis AIG. Entre la fin 2007 et mars 2008, le prix de l’argent est passé à 21 dollars et l’or est passé de 800 à 1.000 dollars. Au vu des positions à découvert de Bear Stearns, la banque d’investissements aurait dû dénicher une somme de plus de deux milliards de dollars. Bear n’a pas été capable de le faire, et le gouvernement des Etats-Unis s’est arrangé pour que JP Morgan reprenne Bear Stearns et ses positions à découvert sur l’or et sur l’argent.

Avec la coopération du gouvernement fédéral, JP Morgan a pu influencer les prix de l’or et de l’argent à la baisse à la fin de l’année 2008, et enregistrer plus d’un milliard de dollars de profits en conséquence de cette baisse de prix. Elle a ainsi pu réduire ses positions à découvert héritées de Bear Stearns. JP Morgan en a ensuite refait de même en vendant des quantités additionnelles de contrats à découvert sur le Comex et en rachetant ces positions dès que les prix commençaient à baisser. Grâce à ces positions à découvert sur l’or et l’argent, JP Morgan a pu enregistrer des profits de plusieurs millions de dollars.

JP Morgan a répété ces mêmes activités sur les contrats sur l’argent du Comex jusqu’en automne 2010, quand le prix de l’argent a commencé à grimper en raison d’une pénurie physique qui l’a porté jusqu’à près de 50 dollars à la fin du mois d’avril 2011. JP Morgan a dû se rendre compte qu’une pénurie se développait, et que combattre la situation grâce à des contrats papiers ne pourrait qu’être futile. Deux décisions ont été prises : il était nécessaire d’écraser l’élan du prix de l’argent, et le développement de la pénurie de métal physique laissait sous-entendre que JP Morgan devait se positionner en conséquence. Le premier mai 2011, la hausse du prix de l’argent a pris fin. Moins visible est la preuve que JP Morgan ait alors commencé à acquérir les plus grosses réserves d’argent physique de l’Histoire.

1. En un peu plus d’un mois, en conséquence de la baisse de prix ayant commencé le premier mai 2011, quelques 60 millions d’onces de métal ont été liquidées depuis SLV, suite aux ventes des investisseurs. Lorsque des ventes nettes surviennent sur SLV, du métal est automatiquement retiré du fonds sur une base mécanique. Cela ne signifie pas que l’argent retiré a été abandonné dans les rues de Londres ou qu’il a cessé d’exister. Il est devenu la propriété de quelqu’un, très possiblement l’entité à l’origine de la vente, ou JP Morgan. Cette dernière a pu récupérer ses 50 à 60 millions d’onces initiales en conséquence de la baisse de prix de mai 2011.

2. Inquiète de pouvoir stocker l’argent qu’elle prévoyait d’acheter, JPM a ouvert son propre entrepôt auprès du Comex en avril 2011, et a rapidement vu ses dépôts passer de zéro once à plus de 55 millions d’onces.

3. En 2012, JP Morgan a fait transférer de l’argent physiquement depuis ses propres entrepôts vers ceux de Brinks, à Londres, et libéré suffisamment de place dans les anciens entrepôts de SLV pour y déposer 100 à 200 millions d’onces d’argent qui ne nécessiteraient jamais de divulgation publique. C’est là l’explication la plus plausible à la raison pour laquelle JP Morgan aurait voulu transférer de l’argent vers les entrepôts de Brinks. Tous les flux sortants enregistrés par SLV au fil des années semblent liées à la conversion de ses parts SLV en métal physique par JP Morgan. 200 millions d’onces auraient pu être obtenues de cette manière.

4. Le turnover inhabituel et sans précédent enregistré dans les entrepôts approuvés par le Comex depuis avril 2011 suggèrent que JP Morgan ait été à l’origine du mouvement, dans l’objectif d’acquérir davantage d’argent physique. Quelques 100 millions d’onces d’argent acquises par JP Morgan peuvent être déduites des 750 millions d’onces arrivées dans les entrepôts du Comex au cours de ces quatre dernières années. Serait-il si difficile pour JP Morgan que de prélever 100 millions d’onces sur un turnover de plus de 750 millions d’onces ?

5. Les récentes livraisons de plus de 10 millions d’onces de contrats à terme du Comex et le déplacement physique d’une grande majorité de ce métal vers les entrepôts de JPM ne représentent qu’une fraction du métal acquis par JP Morgan au cours de ces quatre dernières années, mais demeurent les plus transparentes et pourraient signifier que la banque est proche d’obtenir les réserves d’argent qu’elle compte s’accaparer. Elle pourrait bientôt vouloir laisser grimper le prix de l’argent.


Je parle ici d’achats de 350 millions d’onces d’argent, bien que JPM ait pu acheter au-delà de 500 millions d’onces. Je préfère rester conservateur, parce que j’ai peur que ceux qui nient les achats physiques de JPM n’explosent si ce chiffre approchait de la moitié d’un milliard d’onces. Je ne cherche pas à faire perdre la tête à qui que ce soit, mais simplement à vous faire comprendre ce que signifient ces faits.


Theodore Butler

Theodore Butler est l'éditeur de Butler Research, spécialiste de l'investissement dans les métaux précieux et plus particulièrement l'argent.




2 commentaires:

  1. Anonyme18.5.15

    la peur au ventre on abandonne le papier cul ($) pour le physique!
    on retrouve les vrais valeurs messieurs?
    mais tout l'or et l'argent du monde ne servirons a rien sans le retour aux vrais fondement de la nature de l'homme.
    l'amour et le respect de son prochain.

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    1. de son "prochain" pas de son "lointain"...

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