jeudi 23 avril 2015

L'économiste en chef de la Citibank propose d'abolir l'argent liquide


Lorsque la conjoncture économique devient mauvaise, les banquiers centraux disposent d’un outil pour stimuler l’économie : ils peuvent réduire les taux d’intérêt pour inciter les agents à souscrire des crédits. Au cours des dernières années, de nombreuses banques centrales y ont eu recours, mais elles butent sur une difficulté : des taux d’intérêt proches de zéro, voire négatifs, n’ont aucun effet sur l’argent liquide. En effet, pourquoi les gens conserveraient-ils leur argent sur un compte d'épargne, en risquant de perdre de l’argent compte tenu des taux d’intérêt négatifs, alors qu’ils ont la possibilité de le garder en liquide, et de n’essuyer aucune perte ?



Il rappelle qu’un fort taux d'intérêt négatif est parfois nécessaire pour relancer l'économie. Mais les banques centrales ne peuvent utiliser cette option, en raison de la convergence des taux d’intérêt vers un taux plancher en raison de l’existence des espèces, qui supportent un taux d’intérêt zéro, et permet donc aux gens d’éviter facilement les taux nominaux négatifs.

Buiter propose donc d’abolir l’argent liquide pour contourner ce problème. Il n’est pas le seul : d’autres économistes, et notamment Ken Rogoff, sont parvenus à la même conclusion.
L’économiste de Citibank propose une approche sur trois volets. D'abord, il faudrait abolir l'argent liquide. Ensuite, les détenteurs des espèces restantes devraient être taxés. Enfin, le taux de change fixe de la monnaie à l’égard des réserves de la banque centrale devrait être levé.

Il comprend clairement qu'il y aurait beaucoup de résistance contre un tel plan. Il a donc dressé la liste des critiques possibles, afin de confronter ses objections :
  • Abolir les espèces va changer la vie de beaucoup de gens, et susciter pour cette raison une grande résistance.
  • Les pauvres et les plus âgés utilisent beaucoup l’argent liquide. Buiter suggère de laisser subsister de très petites coupures, non supérieures à 5 euros par exemple, pour répondre à cette demande.
  • Les banques centrales et les gouvernements perdront leurs revenus de seigneuriage, c’est-à-dire la possibilité d’imprimer de l'argent pour payer leurs dépenses.
  • Le respect de la vie privée ne pourrait plus être assuré dans les transactions financières, ce qui pose le risque de l’intrusion excessive des gouvernements.
  • Donner l’exclusivité aux paiements électroniques pourrait poser de nouveaux risques en termes de sécurité.
Néanmoins, d’après Buiter, ces arguments ne sont pas suffisamment convaincants, compte tenu que la suppression de l’argent liquide comporterait plus d’avantages.


Cependant, la probabilité qu'un pays du monde décide d’adopter cette mesure demeure extrêmement faible à l'heure actuelle.

1 commentaire:

  1. Ils sont en banqueroute , ils ont plus un galon d'or dans leur réserve , alors vite faut chercher par tout les moyens une technique pour rester en vie et continuer à spéculer avec de l'argent qui n'existe pas

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