mardi 10 mars 2015

Un médicament qui rend addict aux jeux d'argent et de hasard ?


Tout commence en avril 2008 lorsque Brigitte Morue, habitante de la région rouennaise, se voit prescrire par son neurologue un médicament appelé "Sifrol", pour traiter le syndrome des jambes sans repos dont elle est atteinte : les patients touchés par cette affection se plaignent d'un besoin impérieux de bouger les jambes, voire de fourmillements, de picotements ou de sensations de courant électrique. Le médicament prescrit a une particularité : l'un de ses effets secondaires est de susciter une addiction aux jeux chez le patient.



Comme le relate le site de France 3 Haute-Normandie, lorsque le médicament est prescrit à Brigitte Morue, la dose ne dépasse pas les 0,54 mg par jour autorisés par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM)

La disparition de l'addiction liée à l'arrêt du traitement ?

Mais, selon la plaignante, le neurologue va s'affranchir de cette limite un an plus tard, les symptômes du syndrome des jambes sans repos n'ayant pas disparus : il décide d'augmenter son traitement à 0,70 mg par jour. Brigitte Morue affirme que c'est peu de temps après cette augmentation de dosage que son addiction au jeu est apparue.  

EFFET SECONDAIRE. Elle parie alors de manière compulsive aux casinos, au point de devoir voler ses proches et son employeur pour financer ses pulsions. Elle finit même par contracter une dette de près de 200.000 euros. Acculée, complètement accro et ruinée, elle tente de se suicider une première fois en janvier 2011 puis une seconde fois un mois plus tard, avant que le neurologue finisse par décider de mettre un terme au traitement. C'est ainsi que son addiction aurait disparu deux semaines plus tard.

Brigitte Morue dénonce un manque d’information et de surveillance de la part de ce neurologue. Car celui-ci ne l'aurait pas prévenu de l'existence de cet effet secondaire, pourtant mentionné dans la notice du médicament. Elle réclame 250.000 euros pour préjudice financier et moral. L’avocat du médecin remet en cause cette version. Selon lui, il n’y a pas eu de défaut de prescription et c’est le médecin généraliste de la patiente qui a assuré le suivi médical. Le procès s'est ouvert ce lundi 9 mars 2015 à Rouen. La mise en délibéré est fixé à mai 2015. 

Comment devient-on addict aux jeux d'argent et de hasard ?

Les addictions peuvent être liées à des substances (tabac, alcool, cocaïne etc.), mais aussi à des activités comme les jeux d’argent. Quel est le profil-type du joueur pathologique en France ? C'est un homme, quadragénaire et souvent père de famille, décrit l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). La plupart des joueurs pathologiques pratiquent des jeux de hasard pur (roulette, machines à sous) ou de jeux mêlant hasard et stratégie (paris sportifs, poker, black jack). Le point de départ de leur pathologie est toujours un gain initial qui génère une émotion très positive et les incite à rejouer pour revivre ce moment "magique". Puis le jeu et le gain s’imposent vite comme une manière de se sentir bien.


Mais les pertes successives incitent le joueur à retenter inlassablement sa chance dans l’espoir de "se refaire", en augmentant les mises à mesure que les pertes s’accroissent. Les raisonnements deviennent erronés et vont à l’encontre des lois de probabilité que les joueurs connaissent pourtant généralement bien. Il s’écoule généralement plusieurs années entre le début du jeu et le moment où l’addiction est constituée. Le pourcentage de joueurs "pathologiques" dans la population générale est estimé à 1 %.

Source : http://www.sciencesetavenir.fr

1 commentaire:

  1. Anonyme13.3.15

    C'est un peu simple de rejeter la faute sur le neurologue quant on doit une telle somme d'argent ! Je suis sous Sifrol à des doses de 1,26mg et O,26mg en LP , je n'ai pas de problème avec ce produit qui me soulage vraiment bien. Cette dame devrait assumer ce qu'elle a fait , c'est un peu simpliste de rejeter la faute d'avoir contracté une dette de près de 200.000 euros et dans accusé le neurologue , c'est un peu fort d'accuser ce Monsieur de lui avoir donné un traitement pour la soulager et maintenant de l'acculer devant un tribunal pour que cette somme d'argent qu'elle a utilisé ,sois prise en charge par celui qui a voulu la soigner. Madame n'a pas beaucoup de scrupules, il faut assumer ses erreurs Madame et ne pas se décharger sur la personne qui a voulu vous soigner c'est un peu simple ? Le mieux c'est de les assumer, et de rembourser ce que vous avez si bien dépensé.

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