mardi 10 février 2015

Swissleaks, Hervé Falciani : « Les vrais terroristes, c’est le monde de la finance »



« SwissLeaks » n’est peut être que le début. Les journalistes qui ont révélé le vaste système de fraude fiscale de la filiale suisse de HSBC n’ont eu accès qu’à la « partie émergée de l’iceberg », 

assure mardi 10 février au « Parisien » l’ex-informaticien franco-italien de HSBC Hervé Falciani.
Le lanceur d’alerte, visé par un mandat d’arrêt internationnal lancé par la Suisse pour violation de son secret bancaire, souligne que les journalistes n’ont eu accès qu’à « une partie » des informations qu’il a transmises à l’Etat français. « L’administration fiscale en a eu encore bien plus », ajoute-t-il.

Les grandes banques françaises « concernées » ?

Interrogé sur les 106.000 clients particuliers que « Le Monde » dit avoir détectés, Hervé Falciani affirme : « ce n’est que la partie émergée de l’iceberg…Il y en a encore plus que ce qu’ont les journalistes. Plusieurs millions de transactions [entre les banques, NDLR] sont également répertoriées dans les documents que j’ai transmis. Ces chiffres peuvent donner une idée de ce que peut être le dessous de l’iceberg. »

La filiale suisse de la banque HSBC est au centre d’un vaste scandale après que plusieurs journaux eurent assuré qu’elle avait aidé certains de ses clients, notamment de riches industriels et des personnalités politiques, à cacher des milliards de dollars pour leur éviter de payer des impôts.

Selon Hervé Falciani, « il est impossible que les grandes banques françaises ne soient pas concernées » par ce système de fraude fiscale. « C’est d’une industrie qu’on parle. Donc, bien sûr que les banques françaises sont bien positionnées ».

« Les vrais terroristes, c’est le monde de la finance »

Interrogé sur l’efficacité des législations anti-évasion fiscales mise en place en France après l’affaire Cahuzac et aux Etats-Unis, il avertit que « la réglementation va surtout mettre le paquet sur les clients particuliers qui déclarent un compte en leur nom propre. Ce sont les petits, le fond du panier. Le haut du panier utilise des sociétés, parfois créées de façon frauduleuse. »

Il se déclare en faveur d’une « protection financière aux détenteurs d’informations d’intérêt public » afin de faire « avancer la démocratie ».

Selon nos informations, pour la première fois, trois lanceurs d’alerte ont expressément réclamé à Bercy d’envisager un paiement au nom des « services considérables qu’ils ont rendu à l’Etat français ».  Parmi eux : Hervé Falciani.

Selon Hervé Falciani, l’évasion fiscale est « un sujet essentiel, qui n’est pas encore aujourd’hui assez relayé ».

« En proportion, on parle beaucoup du terrorisme », ajoute-t-il. « Mais les affameurs, les vrais terroristes, ceux qui touchent des centaines de millions de personnes, c’est le monde de la finance. »


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