lundi 19 janvier 2015

Le franc suisse flambe : krach boursier à Zurich


La Banque nationale suisse (BNS) a déclenché une tempête financière jeudi, en décidant de ne plus intervenir sur les marchés pour empêcher l'appréciation du franc suisse. En abandonnant le taux plancher de 1,20 franc suisse pour un euro qu'elle défendait pied à pied depuis trois ans, elle a fait bondir la devise helvète, valeur refuge convoitée, de plus de 15 % en quelques heures. Jeudi soir, le franc suisse valait un peu plus d'un euro. Cette décision a pris de court les investisseurs mais aussi le FMI. «C'est une surprise, a déclaré, Christine Lagarde, son directeur général. Je n'ai pas été prévenue. J'espère que les banques centrales, elles, l'ont été.»




La Bourse de Zurich s'est effondrée. Elle a perdu 8,67 % hier, et jusqu'à 12 % en séance. «Elle compte beaucoup d'entreprises exportatrices, dont les résultats vont être impactés, même si certaines couvrent le risque de change. Cela va aussi peser sur leur compétitivité à l'international», note Yann Schorderet, stratégiste chez Mirabaud AM. La BNS n'a cessé depuis trois ans d'acheter de l'euro, du dollar et du yen sur les marchés pour éviter l'appréciation de sa monnaie. «Elle détient près de 500 milliards de francs suisses d'actifs en devises», souligne Christophe Morel, chef économiste chez Groupama AM. Pour nombre de spécialistes, elle a décidé d'arrêter les frais parce que la BCE annoncera le 22 janvier son programme de rachat d'actifs, «peut-être plus important que prévu», selon Axa IM.

Une mauvaise nouvelle

L'envolée du franc suisse n'est pas une bonne nouvelle pour le pays, déjà en déflation. Mais, sur les marchés, le pouvoir d'attraction de la devise helvète sera peut-être moins important dans les prochains mois, «grâce à la concurrence du dollar, autre valeur refuge, mais portée, elle, par le dynamisme de la croissance américaine et par la FED, prête à relever ses taux directeurs», souligne Fabrizio Quirighetti, stratégiste chez Syz AM.

Un vent de panique a soufflé en Pologne et en Croatie, où des centaines de milliers de ménages détiennent des crédits immobiliers libellés en devise helvétique

Pour dissuader les investisseurs de se ruer massivement sur sa devise, la Suisse a en outre adopté des taux d'intérêt négatifs, «à un niveau jamais vu (- 0,75 %), ce qui pourrait donner des idées à d'autres banquiers centraux», relève Christophe Morel.

Douche froide pour la finance helvète, la hausse surprise du franc suisse a en revanche fait des heureux dans la population. Des Suisses se sont précipités dans les bureaux de change, pour profiter de l'aubaine et troquer leurs francs contre des euros. Ils sont nombreux à faire leurs courses en France, et le nouveau taux de change leur offre des gains de pouvoir d'achat inattendus. Quant aux Français qui travaillent en Suisse, ils espèrent que le taux de change actuel se maintiendra jusqu'à la fin du mois, où ils seront payés… en francs suisses.


À l'inverse, un vent de panique a soufflé en Pologne et en Croatie, où des centaines de milliers de ménages détiennent des crédits immobiliers libellés en devise helvétique, et vont voir leurs mensualités s'alourdir.«Cela pourrait poser des problèmes à certaines banques locales», souligne Fabrizio Quirighetti. Le zloty polonais a décroché de près de 20 % face au franc suisse et la Bourse de Varsovie a chuté.

Source : http://www.lefigaro.fr

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