vendredi 16 janvier 2015

Charlie Hebdo : une enseignante suspendue pour des propos complotistes en classe


La professeur de droit et d’économie d’une classe de bac pro a tenu des propos complotistes sur les attentats de Paris devant ses élèves, mentionnant «un sketch» et un «coup d’État pour supprimer la religion musulmane».


Lundi, une enseignante de droit et d’économie a été enregistrée à son insu par un de ses élèves alors qu’elle mettait en doute la mort de certaines des victimes des attentats des 7 et 8 janvier à Paris. Au lendemain de la grande marche républicaine qui a rassemblé près de quatre millions de personnes en France, cette femme «d’une quarantaine d’années» a occupé son temps d’enseignement à déclencher un débat au sein de sa classe de bac professionnel, qui compte seize élèves. Sauf que contrairement à d’autres établissements en France, ce n’est pas des élèves qui ont tenu des propos relevant de la théorie du complot, mais l’enseignante, comme l’a révélé le journal Le Monde .L’enseignante a été suspendue par Patrick Toulmet, le président du Campus des métiers et de l’entreprise de Bobigny, qui a pu écouter l’enregistrement. Cet établissement ne relève pas du ministère de l’Education nationale mais de la chambre des métiers et de l’artisanat de Seine-Saint-Denis.

La mère de l’élève qui, choqué, a enregistré les propos de son professeur, a transmis la bande sonore à la direction de l’établissement dans une lettre outrée. On y entend l’enseignante évoquer un «flic soi-disant mort», en parlant d’Ahmed Merabet, le policier tué après l’attaque de Charlie Hebdo. «C’est un business, un coup d’État pour supprimer la religion musulmane (...) ils ont eu le temps de monter un sketch», poursuit-elle. «La religion musulmane autorise de tuer pour défendre (sa) religion», affirme encore l’enseignante.

«Aucun propos déplacé» selon l’enseignante

Selon Patrick Toulmet, contacté par Le Figaro, il n’y a pas de doute possible concernant la teneur des propos, ni concernant l’identité de la personne qui les a tenus. «D’après l’enregistrement, ça ne fait aucun doute. On l’a reconnue formellement» explique-t-il. «Ces propos sont intolérables. Je ne les tolère pas d’un jeune, donc encore moins d’une enseignante. Je suis obligé de la suspendre car je ne peux pas la laisser en contact avec des élèves si elle tient de tels discours.»

Convoquée jeudi par son directeur, l’enseignante a d’abord nié, avant d’apprendre qu’elle avait été enregistrée, et d’expliquer qu’elle ne faisait que «reprendre des propos lus sur Internet», précise Patrick Toulmet. Cette femme, en CDI depuis environ sept ans dans l’établissement, a été mise à pied en attendant «un conseil de discipline». Le directeur s’est également rendu au commissariat pour témoigner mais ne sait pas si l’enseignante sera poursuivie ou non. L’étudiant «enregistreur» sera également convoqué.


Patrick Toulmet assure que «les bras (lui) en sont tombés» lorsqu’il a appris l’affaire, s’agissant d’une enseignante «sans problème particulier» jusqu’alors. A part cette affaire, «aucun autre incident grave» lié aux attentats de Paris n’a été recensé dans cet établissement, qui accueille quelque 1500 élèves, de 16 à 25 ans. Le président du campus va réunir, dans la matinée, la classe en question pour «leur parler et essayer de savoir quel est leur point de vue». Il craint cependant que certains élèves ne soient en accord avec les théories tenues devant eux par leur professeur. Contactée par le journal Le Monde, l’enseignante assure n’avoir tenu «aucun propos déplacé» et que «ceux qui ont été reproduits, dont je n’ai pas eu connaissance, ont été sortis de leur contexte».

1 commentaire:

  1. Anonyme17.1.15

    y aurait-il encore des enseignants intègres qui ne se laissent pas manipuler ?

    RépondreSupprimer