vendredi 16 janvier 2015

"Charlie Hebdo" : la théorie du complot ou la défiance des médias



Quelques heures seulement après l'attaque du journal satirique, les premières théories alternatives fleurissaient sur Internet. Décryptage.

Des rétroviseurs changeant de couleur, l'absence de sang, des symboles faisant référence à Israël, une vidéo présentée comme un montage... Les complotistes n'ont pas attendu longtemps avant de s'emparer des attentats meurtriers de la semaine dernière. Quelques heures après l'attaque de Charlie Hebdo, les premières thèses fleurissaient sur les réseaux sociaux, trouvant immédiatement un écho considérable chez les adolescents. Face à l'ampleur du phénomène, Najat Vallaud-Belkacem a tiré le signal d'alarme en affirmant jeudi, au micro de RTL, qu'"un jeune sur cinq cro(yait) à la théorie du complot". 


Professeur d'histoire-géographie dans un collège classé REP (réseaux d'éducation prioritaire) en région parisienne, Antoine Combes reconnaît que la théorie du complot est vite apparue dans les discussions avec ses élèves. Contacté par Le Point.fr, il tient à préciser que ces discussions n'étaient le fait que d'une "infime minorité d'élèves". "Les autres préféraient se focaliser sur la nature jugée blasphématoire des caricatures." L'enseignant raconte que "les complotistes" avaient une seule et même source pour étayer leurs propos : Facebook. S'improvisant spécialistes en balistique, ses élèves lui ont certifié qu'Ahmed Merabet n'avait pas été abattu d'une balle dans la tête. La fumée dégagée par la kalachnikov ne serait pas réaliste... "La dimension complotiste n'est jamais allée au-delà de ce type de considérations, assure Antoine Combes. J'ai l'impression que, chez mes élèves, la théorie du complot relève d'une méfiance quasi instinctive face aux sources d'information classiques que sont les médias." 

Une défiance vis-à-vis de la presse traditionnelle 

"Les partisans de la théorie du complot sont persuadés que les médias et les pouvoirs publics cherchent à dissimuler des secrets d'État", confirme Guillaume, cofondateur de hoaxbuster.com, un site qui référence les canulars circulant sur Internet. Selon lui, à l'heure des réseaux sociaux, les ados ne prêtent plus d'attention aux sites qu'ils consultent, zigzaguant sans faire la différence d'un article du Monde à un blog complotiste. Cette méfiance vis-à-vis de la presse est renforcée par des personnalités souvent très appréciées par les adolescents. À l'instar de Dieudonné qui, conscient d'être devenu à lui seul un média alternatif, vient de lancer Quenel+, son propre site d'information, où se mêlent plaidoyers pour Bachar el-Assad, articles sur les bienfaits des fruits et légumes et blagues potaches. Plus inquiétant, il existe pour Guillaume "une part d'antisémitisme latent" chez les partisans de la théorie du complot. Dieudonné, en accusant les institutions juives, la classe politique et les médias de s'allier pour le censurer, en est un exemple.

"Les organes de presse traditionnels sont perçus comme sionistes dans les banlieues", abonde Barbara Lefebvre, professeur d'histoire-géographie et coauteur des Territoires abandonnés de la République (éditions Mille et une nuits), un recueil de témoignages dénonçant "l'antisémitisme, le racisme et le sexisme en milieu scolaire". Si des complotistes se retrouvent dans toutes les classes sociales, ils sont plus nombreux dans les quartiers dits difficiles. Selon elle, le problème ne se limite pas à Internet et aux sites complotistes, il est ancré plus profondément. Barbara Lefebvre pointe du doigt le rôle joué par "les paraboles". "Ils ne regardent pas les informations françaises. Les télévisions chez eux sont branchées en continu sur les chaînes de leurs pays d'origine, souvent des états théocratiques ou dirigés par des dictateurs." Difficile, dès lors, de faire preuve d'ouverture d'esprit, et ce, d'autant que ces élèves n'ont pas accès à la culture et sont donc coupés du monde.

Ne jamais exclure un élève 

Confrontée à des "complotistes", Jeanne* a misé sur les mots pour les ramener à la raison. "J'en ai d'abord discuté avec eux, et j'ai laissé ensuite les autres élèves en débattre. Un dialogue s'est instauré naturellement. Ils ont fini par admettre qu'ils avaient tort", témoigne cette jeune enseignante d'allemand d'un collège de l'agglomération toulousaine. Les mots, c'est aussi l'option choisie par Barbara Lefevbre : "Il ne faut surtout pas exclure un élève pour avoir défendu la théorie du complot. Cela reviendrait à lui donner raison et à la propager par la même occasion." Reste que certains de ses collègues ne sont pas suffisamment armés pour faire face aux élèves, reconnaît-elle. Pourtant, il existe des heures d'enseignements dédiées à la liberté de la presse et à l'éducation aux médias, mais celles-ci sont souvent utilisées pour finir les programmes en temps et en heure. 

"Oui, il faut apprendre aux élèves à s'informer sur Internet, comme ils doivent connaître les secrets du triangle isocèle et la date de la bataille de Marignan", plaide François Dufour, rédacteur en chef du Petit Quotidien (6-10 ans), de Mon Quotidien (10-14 ans) et de L'Actu (14-17 ans). Depuis plus d'une semaine, il travaille avec sa rédaction à expliquer les attentats en veillant à utiliser les mots adéquats pour ne pas semer la confusion dans l'esprit de ses lecteurs. Sa solution ? 100 % faits, 0 % opinion. 

4 commentaires:

  1. Ou va le monde!
    Les gardes fous sont la!
    nous sommes les derniers!
    Allons nous nous rangés dans les rangs ou se battent pour notre liberté.

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  2. Anonyme19.1.15

    Porochenko c’est aussi un « Charlie » puisque le type a fait fortune dans le chocolat, décidément cette histoire respire le « mantra occulte » des forces du côté obscur, ça va finir par ressembler à Star Wars , reste à savoir qui est l’empereur ?

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  3. Anonyme20.1.15

    3,7 millions de gens sont descendus dans l'arène du diable et l'ont applaudi, quel peuple ! et ont donné leurs émotions, leurs énergies, ont nourri les entités sans âmes en passant devant les monuments sataniques , même dieudonné c'est très grave, sans oublier qu'ils ont financé un torchon de journal sioniste et franc-maçon, satan a du rire de son rire le plus satanique

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  4. Anonyme29.1.15

    Ne pas oublier que le journal Charlie Ebdo à était racheté par Rotchild!

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