jeudi 16 octobre 2014

Un 11 septembre pétrolier ?


Vous trouverez ci-dessous les deux vidéos de l’émission des Experts animée par Nicolas Doze hier où j’étais invité. Je remercie évidemment BFM Business et Nicolas Doze pour leur invitation sur le plateau qui a permis de faire entendre la petite voix du « courant » contrarien. N’hésitez pas encore une fois à me faire part de vos remarques à l’adresse charles@lecontrarien.com. Même si je ne peux pas vous répondre à tous, je lirai avec attention vos courriers !

Vidéo Partie 1





Vidéo Partie 2





Le 11 septembre pétrolier !

Comme vous l’avez constaté, les prix du pétrole sont en forte, très forte baisse depuis quelques jours et cela cache de très grandes manœuvres, avec à la barre l’Arabie Saoudite qui s’est en réalité lancée dans une guerre à l’égard de ses concurrents en utilisant l’arme du pétrole. 

Et cette fois-ci, l’Arabie Saoudite ne fait pas « augmenter » les prix mais les fait baisser et le prix du pétrole à la hausse comme à la baisse est une arme de destruction massive des économies de certains pays. 

Reprenons rapidement les fondamentaux économiques. Croissance mondiale anémique et reprise économique illusoire font qu’effectivement les prix pétroliers subissent des pressions plutôt baissières. Logique. Logique également que les prix du baril baissent lorsque le dollar reprend du poil de la bête et voit son cours monter dans les autres devises y compris en euro. 

Ces éléments purement économiques expliquent une part de la baisse des prix du pétrole mais pas la totalité, loin de là. 

Normalement, pour contrôler les prix, l’OPEP se réunit, décide de réduire un peu les capacités de production pour s’adapter à la baisse de la demande et maintenir de cette façon-là des niveaux de prix relativement importants. 

Le pays qui est en mesure d’être le plus réactif à la hausse ou à la baisse pour sa production c’est l’Arabie Saoudite, or cette dernière a décidé de ne rien faire et de continuer à vendre toujours autant de pétrole.

Pourquoi ? 

Pour embêter la Russie, l’Iran et la Syrie, et enfin pour faire la guerre pétrolière aux USA, devenus entre-temps presque la première puissance pétrolière au monde avec une exploitation massive de ses gaz de schiste. 

À 85 dollars le baril, les compagnies américaines de « shale gaz » (gaz de schiste) gagnent encore un peu d’argent. À 70 dollars le baril, les plus fragiles mettront la clef sous la porte et à 60 dollars le baril, c’est toute l’industrie du gaz de schiste américaine qui sera en faillite ou presque. Il faut également avoir en tête que l’exploitation de tous ces puits aux USA représente environ 40 % de la croissance américaine annoncée, ce qui veut dire que sans le « miracle » des gaz de schiste il n’y aurait toujours aucune embellie économique aux États-Unis. 

Concernant la Russie qui aide la Syrie, cette dernière est très dépendante du prix des énergies pour ses rentrées fiscales et donc sa bonne santé financière. D’ailleurs, le rouble russe souffre dangereusement sous la double pression des sanctions occidentales et de la baisse du pétrole. On peut donc imaginer sans trop de risques que les finances du Kremlin vont commencer à virer au rouge, ce qui ne manquera pas de déstabiliser la scène intérieure politique russe. 

Il en est de même pour l’Iran qui tire l’essentiel de ses revenus du pétrole et du gaz. Plus les prix seront bas, plus l’Iran souffrira et plus cela retardera le développement de son programme nucléaire, grande crainte des Saoudiens pour qui l’Iran est considéré comme une menace absolue. Or il semble que les relations irano-américaines s’améliorent et qu’un accord pour réintégrer l’Iran dans le concert des nations soit en passe d’être trouvé, ce qui évidemment a entraîné la réaction saoudienne.

Vers des prix du pétrole plus bas ? 

Si cette analyse est exacte, alors dans les prochaines semaines le prix du pétrole descendra vers les 60 dollars et cela aura des répercussions mondiales sur l’économie aussi bien américaine qu’européenne, avec en particulier la baisse de taux d’inflation déjà très faibles en Europe par exemple et une crise du secteur clef pour la reprise américaine des « shale gaz ».
Il va donc falloir surveiller attentivement ces prochaines semaines aussi bien les prix du pétrole, que l’indice VIX qui est l’indice de la volatilité appelé également indice de la peur et qui a explosé ces derniers jours à la hausse. Il faut surveiller également les marchés actions qui, pour le moins, commencent à être bien mal orientés. 

Bref, nous dansons sur un volcan et même Jacques Attali, dont je diffuse dans cette édition le dernier billet, nous annonce… « qu’il va se passer quelque chose »

Préparez-vous et restez à l’écoute. 

À demain… si vous le voulez bien !! 




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