mardi 6 janvier 2015

La Fed est assise sur une bombe à retardement



Si les actions ont rebondi ces derniers jours,  c’est en raison de la réunion mensuelle du Comité de politique monétaire de la Fed. Les actions ont augmenté suite aux réunions de la Fed ces trois dernières années, et les traders ont désormais pour habitude d’acheter à leur approche.

Pour les marchés, la question première est de savoir si la Fed annoncera encore une fois qu’elle augmentera les taux d’intérêt « dans un futur plus ou moins lointain ». Le fait est que la Fed ne puisse pas augmenter et n’augmentera pas les taux d’intérêt, parce que le faire reviendrait à faire s’effondrer le système monétaire.

Laissez-moi vous expliquer pourquoi.

La dette des Etats-Unis s’élève aujourd’hui à plus de 17 trillions de dollars. Les Etats-Unis ne pourront jamais la rembourser. Ils ont émis plus d’un trillion de dollars de nouvelle dette au cours de ces huit dernières semaines, simplement parce qu’ils ne disposent pas de l’argent nécessaire au remboursement de leur dette passée qui doit aujourd’hui être remboursée.

Puisqu’ils n’ont pas l’argent nécessaire, ils émettent de la nouvelle dette afin de pouvoir rembourser leur dette la plus ancienne.

Voilà pourquoi la Fed a besoin de taux d’intérêt aussi bas que possible. Une légère hausse des taux d’intérêt pourrait signifier une descente soutenue vers la banqueroute. Chaque pourcent de hausse des taux d’intérêt signifie entre 150 et 170 milliards de dollars de paiements d’intérêts supplémentaires par an.

Les taux d’intérêt doivent rester très bas parce qu’ils permettent de réduire le poids de la dette. C’est pourquoi la Fed nous dit qu’elle fera augmenter les taux d’intérêt « dans le futur », malgré le fait qu’ils devraient selon la règle de Taylor déjà être bien plus élevés qu’ils le sont aujourd’hui -  tout cela n’est qu’une ruse qui ne vise qu’à prétendre que la Fed a encore la possibilité de faire ce qu’elle veut.

Mais la réalité est plus stupéfiante encore.

Les banques américaines se reposent actuellement sur plus de 236 trillions de dollars d’instruments dérivés.

Dont 81% sont basés sur les taux d’intérêt.

Pour dire les choses autrement, les banques américaines ont parié plus de 1.100% du PIB sur les taux d’intérêt.

Devinez lesquelles.

JP Morgan, Citigroup, Goldman Sachs, et Bank of America.

Les too big to fail… Les banques qui ont été refinancées par la Fed.

Quelles sont les chances de voir la Fed gonfler les taux d’intérêt au risque de faire s’effondrer ces firmes ? Elles sont de zéro.

Oubliez l’issue de la réunion du FOMC. Ce sur quoi nous devons nous pencher est la bulle de 100 trillions de dollars sur les obligations. Lorsqu’elle explosera, ce que la Fed décidera de faire n’aura plus d’importance.

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